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Nicolas Sarkozy très attendu par les syndicats

Les partenaires sociaux se retrouvent lundi à l’Elysée autour du président Nicolas Sarkozy pour un sommet social très attendu avant lequel les syndicats ont fait monter la pression, mettant en garde contre toute “précipitation” dans la réforme des retraites.

Ce sommet rituel a pour ordre du jour officiel “l’agenda social”, c’est-à-dire les sujets sur lesquels le gouvernement entend inviter patronat et syndicats à engager des discussions en 2010.

“La réunion ne portera pas sur le fond, mais sur le calendrier et la méthode seulement”, souligne-t-on à l’Elysée.

Les syndicats ne l’entendent pas de cette oreille. Soulignant que “la crise est loin d’être finie”, ils se saisiront de cette tribune pour aborder de front les questions de l’emploi, du pouvoir d’achat et, selon le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, “le malaise grandissant” dans la fonction publique.

Le nombre d’inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité), la plus fournie, a crû de quelque 450.000 en 2009 et doit continuer d’augmenter cette année, à un rythme ralenti (+87.000, selon Pôle emploi).

Quant au pouvoir d’achat, il enregistre un coup de frein: la progression du salaire mensuel de base (SMB) a été limitée à 0,2% au dernier trimestre 2009.

Mais c’est sur les retraites que se focalisera l’attention, tant la tension a monté après des “fuites” dans la presse sur la volonté prêtée au chef de l’Etat de boucler la réforme par une loi au parlement dès le mois de juillet.

Dans un communiqué commun, six organisations syndicales (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires) ont déjà averti qu’elles refuseraient une “mascarade de concertation”.

“Sur le calendrier, le président n’a pas de religion. Il écoutera les uns et les autres pour se faire une idée. Il faudra laisser du temps à la négociation”, indique-t-on à l’Elysée, en ajoutant que “tout le monde connaît par coeur les solutions”.

Les déclarations gouvernementales privilégient deux pistes: le recul de l’âge légal de départ en retraite ou/et l’allongement de la durée d’activité.

Or près de six Français sur dix se prononcent contre le recul de l’âge et plus d’un sur deux contre l’allongement de la durée de cotisation, selon un sondage Ifop paru dimanche.

Pour le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, les syndicats chercheront à “amener le président de la République à être plus précis sur le calendrier des discussions”. Si M. Sarkozy entretient le flou, “c’est qu’on nous prépare un mauvais coup avec une procédure expresse”.

Et dans ce cas, il est probable que les syndicats sortent “avec une date de mobilisation commune” de la réunion qu’ils tiendront quelques heures après la tenue du sommet, a déclaré M. Thibault à l’AFP.

Avant la réunion élyséenne, le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a lui aussi montré ses muscles. “Jamais nous ne transigerons sur l’âge légal de départ en retraite et sur l’allongement de la durée de cotisation. Nous n’hésiterons pas à aller à l’affrontement sur ces deux questions”, a-t-il affirmé.

Autre sujet délicat, l’aide aux chômeurs en fin de droits, qui atteindront un million cette année, dont 400.000 devraient se retrouver sans ressource.

Aucun accord n’a pu se dégager d’une réunion patronat-syndicats vendredi. Ces derniers en sont sortis très mécontents, la CFTC soupçonnant par exemple le Medef d’avoir joué la montre pour permettre au chef de l’Etat de “faire de la com”.

A l’Elysée, il sera aussi question de sortir de l’enlisement deux thèmes sur lesquels les acteurs sociaux n’ont guère avancé ces derniers mois: le partage des profits dans les sociétés et les modes de représentation des salariés dans les très petites entreprises.

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