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Nicolas Sarkozy veut réformer jusqu’à mi-2011

Nicolas Sarkozy a livré mercredi aux députés UMP le catalogue des dernières réformes qu’il veut boucler d’ici la mi-2011 avant de ne plus faire “que de la politique”, une expression que ses invités ont traduite comme une déclaration déguisée de candidature à un deuxième mandat.

Plutôt qu’un bilan ou même un “point d’étape” de son action, le chef de l’Etat a profité de sa rencontre désormais mensuelle à huis clos avec les élus de sa majorité pour détailler, à la veille du 3e anniversaire de son élection, le calendrier des derniers chantiers de son quinquennat.

Sans surprise, Nicolas Sarkozy leur a répété que, outre la gestion de la crise économique et de la présidence française du G20, la difficile réforme des retraites puis celle de la dépendance occuperaient l’essentiel de son temps.

Sur les retraites, il a redit sa volonté de bâtir une solution équitable en indiquant, selon des participants, qu’il ferait “contribuer tout le monde”. “Et j’ai dit tout le monde ! Même les riches”, a-t-il insisté.

Parmi ses autres priorités de l’année à venir, le président a cité la réforme des collectivités territoriales, dont il avait dit dès mardi soir aux sénateurs UMP qu’elle serait complétée dès la mi-juillet, la lutte contre l’insécurité et la défense de l’agriculture.

“Pour moi, l’essentiel c’est la sécurité, l’emploi, la crise, l’agriculture, la gestion des déficits et l’international”, a-t-il résumé.

Au titre de ces priorités, le chef de l’Etat a refusé de se prononcer sur la réforme du mode de scrutin des futurs conseillers territoriaux et des législatives souhaitée par certains UMP. “Ce sujet n’est pas une préoccupation majeure des Français”, a-t-il plaidé.

Le député des Yvelines Jacques Myard y a vu la preuve que “ce que nous avions dit les uns et les autres après l’échec des régionales a été entendu”, notamment sur le style. “J’ai le sentiment qu’il a compris ce qu’était la fonction présidentielle”, a ajouté M. Myard.

Ainsi que l’ont compris les parlementaires, la réforme de la justice, et notamment la suppression très controversée du juge d’instruction, devrait être la principale victime de ce nouveau calendrier.

Nicolas Sarkozy a lui-même estimé, selon des participants, que cette réforme de la procédure pénale était un “monument” qu’il ne pourrait pas “pas faire passer dans son intégralité d’ici à la fin du quinquennat”. Le président du Sénat Gérard Larcher (UMP) l’a confirmé en annonçant mercredi à la presse le report sine die de l’examen de ce texte.

Comme il l’avait laissé entendre avant les régionales en parlant de “pause”, Nicolas Sarkozy a confirmé aux députés qu’il conclurait son programme de réforme à la mi-2011. “Mi-2011, on pourra dire qu’on a fait passer tout notre programme de réformes”, a-t-il dit cité par un de ses invités, “après, fin 2011, on ne fera que de la politique”.

Dans les oreilles des élus de l’UMP, cette “petite phrase” du chef de l’Etat, qui avait déjà fait savoir qu’il se déterminerait aux environs de cette date, a sonné comme une déclaration de candidature à un deuxième mandat.

“On en a déduit: il va y aller”, a affirmé une participante. “S’il a dit cela, ça veut peut-être dire quand quand même qu’il a une idée en tête”, a convenu le député de Seine-Saint-Denis Eric Raoult.

Seule sa collègue Marie-Anne Montchamp a entendu cette phrase “au premier degré”, estimant que Nicolas Sarkozy avait voulu dire “occupons-nous des réformes programmées et ensuite nous nous poserons des questions”. Mais peut-être était-ce parce que la députée du Val-de-Marne est villepiniste…

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