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Nicolas Sarkozy veut une dizaine de campus d’envergure internationale

La création d’une dizaine de campus universitaires de taille mondiale et la valorisation de la recherche sont les priorités du grand emprunt annoncées lundi par Nicolas Sarkozy, qui a suscité des critiques sur la concentration des moyens sur quelques établissements.

“Notre pays a trop longtemps négligé son enseignement supérieur” dont les dépenses en pourcentage du produit intérieur brut ont “décru” de 1995 à 2006, a déclaré le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse, en attribuant 11 des 35 milliards de l’emprunt au supérieur et à la formation et 8 à la recherche.

Pour les universités, la priorité numéro un, avec environ 8 milliards, est de créer “une dizaine de campus d’excellence”.

“Notre objectif est très simple: nous voulons les meilleures universités du monde”, a dit M. Sarkozy.

Sélectionnés par un “jury international”, ces campus seront chacun dotés d’un capital d’environ “un milliard d’euros” qui sera “générateur de revenus” comme “dans les pays dont les universités sont au premier rang de la performance mondiale”, a-t-il ajouté.

“Pour la première fois, les universités françaises bénéficieront de ressources pérennes, qui par définition ne seront pas soumises aux aléas des arbitrages budgétaires”, a-t-il commenté.

En outre, 1,3 milliard viendra “compléter et accélérer le plan campus” de rénovation immobilière pour lequel M. Sarkozy avait promis 5 milliards mais auxquels il manquait encore cette somme.

Quant au lauréat déjà le mieux pourvu par ce plan, le futur campus scientifique et technologique de Saclay (sud-ouest de Paris), il recevra “tout de suite” un milliard d’euros pour regrouper “sur un seul site” les grandes écoles de Paristech, Centrale Paris, Normale sup Cachan et Paris-11.

Le projet s’inscrit donc dans la droite ligne du plan Campus mais suscite la même critique: le risque de créer un système à deux vitesses.

“Tout le réseau des établissements d’enseignement supérieur devrait bénéficier de cette manne et non pas seulement quelques universités mises en avant de manière systématique”, a-t-on jugé à la Conférence des présidents d’universités.

“Nous avons l’impression que c’est une rallonge au plan Campus, il n’y a aucune attention au maillage territorial”, a réagi Adrien Gantois, vice-président de la Fage, deuxième organisation étudiante.

L’emprunt “risque d’accélérer le creusement des inégalités et la mise en concurrence opposant des centres d’+excellence+ à des +collèges universitaires+ de seconde zone”, a jugé le syndicat national de l’enseignement supérieur Snesup.

Pour la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, le grand emprunt va “ouvrir un nouvel âge d’or pour la recherche” et aura “des répercussions au décuple sur le dynamisme de la France”, permettant de “garder les emplois de demain”.

Sur les 8 milliards dévolus à la recherche, 3,5 iront à sa “valorisation” et à l’innovation, notamment pour donner aux travaux des laboratoires et à leurs brevets “une traduction quasi-industrielle”.

Pour accélérer “la recherche sur le cancer, les maladies génétiques, Alzheimer et le sida”, 2,5 milliards iront à la santé et aux biotechnologies.

Il y aura aussi 850 millions pour créer “cinq” instituts hospitalo-universitaires “de niveau d’excellence mondiale”, l’objectif là aussi étant de “consacrer des moyens importants sur un petit nombre d’équipes”.

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