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Nicolas Sarkozy,

Éludant la question du pouvoir d’achat lors de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy a provoqué l’agitation au sein de l’opposition. Critiqué pour ses absences en France, jugé pour sa liaison amoureuse aux États-Unis, le chef de l’État tente de reprendre l’avantage.

Très attendue, la conférence de presse tenue mardi par le président Nicolas Sarkozy devait présenter aux Français des solutions tangibles pour l’augmentation du pouvoir d’achat. Elle n’a pas manqué de satisfaire les représentants de gauche qui, à l’heure des municipales, se frottent les mains. « Qu’est ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ? […] Réduire le débat politique français à la seule question du pouvoir d’achat, c’est absurde », déclarait en tout et pour tout le chef de l’État sur le sujet, après plus de deux heures d’échange avec les quelques 600 journalistes qui lui faisaient face dans la salle des fêtes de l’Élysée.

Premier objet des regards critiques, l’ouverture du discours de Nicolas Sarkozy sur la « politique de civilisation ». Cette terminologie, préalablement mentionnée lors des vœux présidentiels 2008 et déjà sujet à controverses, est empruntée au philosophe socialiste Edgar Morin. C’est donc sans surprise que l’homme de la réforme a repris les idées du penseur face à l’assemblée attentive: « C’est la politique qui est nécessaire quand il faut reconstruire les repères, les normes, les règles, les critères ». Seulement, alors que tout le monde espérait des innovations susceptibles de regonfler le portefeuille des Français, Nicolas Sarkozy donne l’impression d’avoir botté en touche. En évoquant tour à tour sa volonté d’égalité entre hommes et femmes, son désir de réformer les mesures de la croissance pour établir des statistiques plus pragmatiques, l’idée d’une suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques, l’affermissement de la politique de quotas en matière d’immigration en n’oubliant pas sa détermination face à la suppression des 35h, Nicolas Sarkozy a à peu près tout évoqué. "Tout, sauf l’essentiel", ont commenté à l’unisson les Verts et les Socialistes : M. Sarkozy « a disserté philosophie et civilisation pour éviter de répondre aux questions essentielles où il était attendu : croissance, pouvoir d’achat, la vie chère et emploi », déclarait François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste en réponse aux propos tenus par le chef de l’État.

Parmi les autres réponses aux questions des journalistes, une autre n’a pas manqué de faire grincer des dents : l’éventualité de son mariage avec l’ex-top model devenue chanteuse : Carla Bruni. Un thème qui, plus terre-à-terre, a attiré l’attention du célèbre New York Times. « Une liaison politiquement dangereuse pour le président Français » titrait Elaine Sciolino, dans son article du 8 janvier. « Cela s’appelle « l’effet Carla » et il aide à expliquer le déclin soudain de la cote de popularité du président Nicolas Sarkozy », commence la journaliste dans le quotidien américain. « Loin d’attendrir les gens, la romance ultra-médiatisée de Nicolas Sarkozy avec le top model Carla Bruni nourrit les critiques selon lesquelles il ignore le pays et passerait trop de temps à se faire plaisir », peut-on lire dans l’article. Selon une enquête de l’institut des sondages du CSA reprise par Elaine Sciolino, seulement 48% des français pensent le président capable de diriger le pays. Et la correspondante de rappeler que celui qu’on surnomme « le petit Napoléon » en Allemagne a déjà perdu 17 points dans sa cote de popularité depuis juillet. Autre chiffre relevé par le New York Times, la baisse dans les sondages particulièrement frappante chez les personnes âgées. « Il a chuté de 9 points chez les 50 et 64 ans, et de 15 points chez les plus de 65 ans », peut-on lire dans l’article. La journaliste remarque : « Les Français exceptionnellement tolérants ne semblaient pas du tout perturbés qu’un mariage de 11 ans se termine en divorce en octobre, après que sa femme Cécilia, l’a quitté pour la seconde fois. Mais pour certains, figures de l’opposition ou Français ordinaires, les photos de tabloïds montrant Sarkozy et Bruni en plein amour manquent de tenue et sont irrespectueuses pour les citoyens ». Autre matière à écriture pour Elaine Sciolino, la réaction de certains journaux français critiques ou satiriques face à une relation suspectée d’arriver à point nommé. Elle reprend notamment l’anecdote du roman fiction « Le journal de Carla B. », imaginé par Le Canard Enchaîné, et dans lequel l’héroïne s’exclame « Déjà 4 jours de monogamie ! ». Réplique qui ferait référence à l’interview donnée par la belle italienne à Madame Figaro en février 2007 et dans laquelle elle disait : « Je suis fidèle… à moi-même ! La monogamie m’ennuie à mourir ».

Une chose est sûre, le triomphateur qui voulait conquérir la France et les États-Unis affiche un profil plus bas. Lucide quant à sa cote de popularité, il repoussait l’idée d’un second mandat et répondait à la question de son bilan : « Je vous donne le sentiment d’être déprimé ? […] Je mets toutes mes forces, l’authenticité se lit sur mon visage, je ne triche pas. […] On peut ne pas m’aimer ». Malheureux au jeu, heureux en amour ?

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