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Nicole Bricq : “Europe et Etats-Unis ont une responsabilité majeure”

La ministre française du Commerce extérieur, Nicole Bricq, s’est rendue à Chicago afin de promouvoir le secteur des biotechnologies et présenter la position française sur le projet de coopération transatlantique. Elle devait rencontrer ce mardi à Washington Michael Froman et Miriam Sapiro, conseillers économiques de Barack Obama, ainsi que des membres du Congrès, pour aborder le sujet d’un partenariat sur le commerce et l’investissement.

France-Amérique : Qu’attendez-vous de votre réunion avec M. Froman et Mme Sapiro ?

Nicole Bricq : Je viens à Washington pour vérifier ce que veulent vraiment les Etats-Unis après la déclaration de Barack Obama lors de son discours sur l’état de l’Union. Et comme il s’agit d’un partenariat transatlantique, le terme partenariat, pour nous Français, a une signification précise. Il veut dire que nous négocions d’égal à égal avec des projets et des objectifs communs. Je viens donc vérifier la volonté américaine de s’engager dans cette discussion d’un partenariat qui va bien au-delà d’un accord de libre-échange, où il est question de baisser les barrières douanières, mais aussi de rapprocher des normes différentes. Les Etats-Unis et l’Europe, c’est 40 % du commerce mondial, donc si nous sommes capables de nous rapprocher, nous donnerons un message au reste du monde qui se basera sur ces références.

Vous pensez aux normes environnementales et sociales ?

Exactement. Ça veut dire qu’on se mette d’accord sur les normes environnementales. Nous savons que nous n’avons pas les mêmes exigences en Europe qu’aux Etats-Unis. Nous avons un règlement européen qui s’applique à toutes les entreprises européennes dans le domaine de la chimie, par exemple. Ça s’appelle REACH et ça a obligé les entreprises européennes à s’adapter à ces standards. Aux Etats-Unis, cette norme n’existe pas. Donc l’objectif est de se rapprocher, de voir quelle est la plage commune que nous pouvons définir ensemble car nous ne voulons pas que les entreprises européennes soient, par leurs choix collectifs et par les législations, défavorisées par rapport aux entreprises américaines. Les syndicats européens sont aussi attachés aux normes sociales. Ce sera l’occasion de vérifier si ces normes sont respectées par notre partenaire au travers des conventions internationales. Et compte tenu de la globalisation de l’économie, la norme qui sortira de cet accord que je souhaite sera la norme mondiale.

Le fossé entre l’Europe et les Etats-Unis n’est-il pas trop grand ?

Nous savons que nous avons des différences. C’est tout l’enjeu de la négociation. Ce que nous avons comme volonté, nous Européens, c’est de trouver le bon compromis qui satisfasse les deux partenaires. Mais nous ferons très attention car ce sera une référence mondiale pour tous les acteurs qui ne sont pas dans cet accord. Europe et Etats-Unis ont donc une responsabilité majeure.

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