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Nicole Rubi : un petit goût de French Riviera à New York

Nicole Rubi, patronne et icône de La Petite Maison, le restaurant le plus couru de Nice était à New York la semaine dernière pour visiter la réplique sa table installée à New York depuis décembre. Rencontre avec une femme de caractère.

A l’entrée de La Petite Maison, sur la 54ème rue, un tableau vous scrute. Dessus, Jean-Daniel Lorieux, photographe et peintre, a reproduit le portrait de Nicole Rubi, son amie depuis de longues années, une personnalité haute en couleur à l’origine du concept du restaurant. Elles a des airs de Liza Minnelli et la douceur d’une muse dans son visage.

« C’était une surprise », confie Nicole Rubi en visite dans la Grosse Pomme. Lorsqu’elle entre dans la réplique de son restaurant niçois, ouvert en décembre dernier par Aymeric Clémente, Rémi Laba, Pascal Ramette et David Barokas à quelques encablures de la Cinquième Avenue, elle a les traits plus tirés, la mine moins joviale. Seuls ses petits yeux pétillants sont identiques à la peinture. Avec dix minutes de retard, elle s’assoit à une table dressée pour le service de midi et demande une infusion pour faire passer une vilaine douleur. « Non pas un thé. Et vous, vous ne prenez rien ? », questionne-t-elle l’iPhone à la main.

Une personnalité controversée

L’espace d’un instant, toute l’équipe s’affaire autour de la reine des lieux. La patronne de la table la plus courue de la promenade des Anglais discute et commente les plats proposés à la carte, à 90% identique à celle de Nice, avec Karine Bakhoum, une amie de longue date mais aussi experte en relations publiques. «  Tu as vu les beignets ? Ils sont épais comme ça. Il paraît aussi qu’ils ont des problèmes avec le loup qui n’est pas très bon. C’est sûr qu’ils ne peuvent pas, comme nous, aller le pêcher dans la Méditerranée. »

Ah, la Côte d’Azur et Nice.  C’est ici, dans le quartier Masséna, qu’elle travaillera pendant vingt ans avec son père César, à l’Univers, une brasserie familiale au numéro 54 du boulevard Jean-Jaurès. « Quand il a vendu le restaurant pour prendre une plage au Cap d’Antibes, je me suis retrouvée perdue sur le trottoir », raconte-t-elle dans un éclat de rire. « J’avais un ami qui avait toujours voulu faire de la restauration, mais qui n’y comprenait rien. Je me suis associée avec lui ».

En 1989, elle achète alors avec Bernard Ollé La Petite Maison Ferrier, dont ils supprimeront le patronyme. « C’était assez dur », se souvient cette petite brune aux cheveux courts. Sa renommée, elle la doit à Charles Pasqua, à l’époque ministre de l’Intérieur. « C’était une relation amicale. Il m’a fait monter à l’Hôtel Matignon pour cuisiner à l’occasion d’un déjeuner de la majorité ». Le lendemain, toute la presse relatait combien les invités sétaient régalés de ses beignets de courgettes. La saga de La Petite Maison était lancée.

Avec son caractère bien trempé de Provençale, Nicole Rubi, 64 printemps, admet être une personnalité controversée. Certains ont dû faire face à ses sautes d’humeur autant qu’à ses franches accolades. «  On m’aime ou on me déteste », déclare-t-elle avec cette sincérité aux accents du sud. « Je fais les choses avec mon cœur, peut-être pas à la manière des grands restaurants. Tant pis si ce n’est pas sophistiqué. J’ai envie que mes clients soient des amis. »

Nicolas Sarkozy et les stars de la promenade des Anglais

Des amis proches des hautes sphères de la société. «  Je suis folle des hommes politiques. J’adore les écouter parler, j’adore militer », explique celle qui affiche son penchant pour la droite. Son préféré ? « Nicolas Sarkozy. Avec Christian Estrosi, le maire de Nice, il venait souvent, même pendant sa campagne. »  Son meilleur souvenir restera d’ailleurs le 12 juin 2007, un mois après l’élection de « son » président à la tête de la France.  « Il est venu au restaurant : c’était un des plus beaux moments de ma carrière ! », se souvient-t-elle.

En novembre dernier, le locataire de l’Elysée y invitera même Hu Jintao, le président chinois en visite dans l’Hexagone, pour y déguster les brochettes, la salade d’artichauts et les autres petits farcis. « Ce sont ses plats favoris. Je sais ce qu’il aime, je connais ses habitudes », indique Nicole Rubi. Au sein de l’adresse new-yorkaise, on murmure que Bill Clinton et sa fille Chelsea auraient tenté l’expérience, il y a trois semaines.

L’autre clientèle, c’est bien sûr le gratin du showbiz international, d’Elton John à Mick Jagger en passant par Catherine Deneuve ou Emmanuelle Béart. Une création de l’artiste Ben, « Tous célèbres ici», donnent d’ailleurs le ton. Nicole raconte même que la décision de la nomination de Robert de Niro comme président du prochain  jury du festival de Cannes aurait été prise dans son restaurant niçois, rue Saint-François-de-Paule, lors d’un dîner entre l’acteur et les organisateurs.

La Petite Maison niçoise a donné naissance à de nombreux « bébés » à Londres, Beyrouth, Cannes, Moscou ou encore Dubaï. « Quand on m’a demandé si j’acceptais de donner le concept, c’était un honneur », explique Nicole Rubi. « A Nice, ce n’est pas un restaurant comme les autres. L’ambiance est conviviale, on est les uns sur les autres et on se parle de table en table. C ‘est un peu comme à la maison ! ». L’avenir dira si le concept séduit autant les New-Yorkais.

Pour en savoir plus:

http://www.lapetitemaison-nice.com/

http://www.lapetitemaisonnyc.com/

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