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Niqab au volant: Brice Hortefeux envisage que le conjoint soit déchu de sa nationalité

Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a fait prendre un tour inattendu à l’affaire de jeune femme verbalisée pour port de niqab au volant, en agitant la menace d’une déchéance de la nationalité française du conjoint de celle-ci.

M. Hortefeux a demandé vendredi à son collègue Eric Besson de se pencher sur la situation du conjoint d’Anne (le prénom d’emprunt qu’elle a donné aux journalistes), une jeune femme qui a dénoncé devant la presse le PV qui lui a été infligé alors qu’elle conduisait avec un niqab.

Selon M. Hortefeux, cet homme “né à Alger et ayant acquis la nationalité française par mariage en 1999, appartiendrait à la mouvance radicale du Tabligh et vivrait en situation de polygamie, avec quatre femmes dont il aurait eu douze enfants”. Ces quatre femmes, a ajouté le ministre de l’Intérieur dans une lettre à M. Besson, “bénéficieraient de l’allocation de parent isolé (et) porteraient le voile intégral”.

“Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir faire étudier les conditions dans lesquelles, si ces faits étaient confirmés, l’intéressé pourrait être déchu de la nationalité française”, demande Hortefeux à Besson.

Auparavant, la jeune femme, toujours vêtue de son niqab avait raconté vendredi à la presse les circonstances dans lesquelles elle a été verbalisée, le 2 avril dans une rue de Nantes.

“Je ne sais pas comment cela se passe dans votre pays, mais chez nous on ne conduit pas comme ça”, lui a déclaré un policier, selon le récit de la jeune femme. “Je lui ai dit: chez vous, c’est aussi chez moi, parce que je suis Française”, a répondu Anne.

Toujours selon son récit, elle a ensuite donné ses papiers au fonctionnaire, enlevé son voile pour identification et s’est vu alors dresser un procès verbal, basé sur l’article 412-6 du Code la route: 22 euros d’amende pour “circulation dans des conditions non aisées”, le fonctionnaire estimant que le champ de vision de la jeune femme était réduit.

La jeune femme, qui a tenu un bref point presse devant l’épicerie El Kaouthar à Nantes, s’est montrée, en aparté, soucieuse de pas entrer dans le débat sur le projet de loi d’interdiction du port du voile intégral décidé par le gouvernement.

“Cette amende est injustifiée en termes de sécurité routière et constitue une atteinte aux droits de l’homme… et de la femme”, a déclaré son avocat, Jean-Michel Pollono, soulignant que le champ de vision de la conductrice “n’était nullement entravé”.

L’avocat a adressé jeudi une lettre de contestation au ministère public. Sa cliente n’est “pas une femme soumise, mais une intellectuelle”, née en Loire-Atlantique et d’origine métropolitaine, a-t-il aussi expliqué. “Si le voile avait posé un quelconque danger au volant ces dernières décennies, on n’aurait pas vu de religieuses conduire et il n’y aurait pas eu Les gendarmes à Saint-Tropez“, a-t-il raillé.

“Si c’était dangereux, je n’irais pas m’aventurer là dedans (la conduite, ndlr), a déclaré de son côté Anne.

Selon une source à la gendarmerie, “l’article R. 412-6 du code de la route fait obligation à tout conducteur d’être en mesure d’effectuer commodément et sans délai toutes les manoeuvres qui lui incombent”. “Cette disposition d’ordre général a vocation à s’appliquer à tous les comportements susceptibles d’affecter la vigilance des conducteurs. En revanche, cette infraction ne peut être relevée à l’encontre d’une personne dont la tenue vestimentaire ne lui cause aucune gêne dans l’exécution de ses manoeuvres”, a-t-on précisé de même source.

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