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Norwegian Wood : Murakami mon amour

En adaptant le best-seller d’Haruki Murakami, Norwegian Wood, le réalisateur franco-vietnamien Tran Anh Hung signe son grand retour, sur fond de ballade érotique et de retour à la vie. En salles américaines à partir du 6 janvier.

On l’avait un peu perdu de vue depuis L’Odeur de la papaye verte. Ce chef d’œuvre de sensualité, qui suivait l’apprentissage d’une enfant pour devenir servante dans le Vietnam des annes 50, avait pourtant valu à Tran Anh Hung une Caméra d’or à Cannes, en 1993. Avant In the Mood for Love de Wong Kar-Wai, Tran Anh Hung a initié avec ce premier film le grand public à la beauté du cinéma asiatique contemporain.

Après onze années d’absence sur grand écran, le réalisateur revient avec Norwegian Wood, titre original du roman. Aller simple pour le Japon littéraire, cette oeuvre tire son nom de la chanson mélancolique des Beatles. Elle ressuscite, dans un flash-back, des souvenirs de jeunesse  douloureux aux oreilles de Watanabe, le personnage principal.

Traumatisé par le suicide inexpliqué de son meilleur ami, ce jeune étudiant  japonais tente, non sans mal, d’oublier cette mort absurde. Mais la petite amie du défunt, Naoko, revient le hanter comme un fantôme. Attiré par son étrangeté et séduit par sa beauté maladive, Watanabe oscille dangereusement entre désir d’amour, d’amitié et pulsion de mort.

L’âme en peine

« Norwegian Wood est un film sur l’entrée dans l’âge adulte, et sur les replis de l’âme humaine. Les mécanismes psychologiques étaient déjà très forts à l’écriture. Je les ai transposés à l’écran », explique Tran Anh Hung. Véritable être en souffrance, Watanabe exprime dans toute son ambiguïté les tourments qui rongent de l’intérieur, en même temps qu’il s’ouvre petit à petit au monde et renaît à la vie.

« La grande qualité de Murakami, c’est qu’il arrive à pénétrer dans l’intimité du lecteur. Ses livres révèlent la beauté et la noirceur qui est en nous, notre part d’ombre, avec justesse », poursuit le cinéaste. Le sentiment amoureux n’est jamais un long fleuve tranquille chez Murakami. A l’image de la nature sauvage que Tran Anh Hung filme comme une estampe japonaise, Norwegian Wood éblouit par sa beauté formelle renversante et son pouvoir introspectif.

Sans prendre parti, le film soulève aussi un dilemme inhérent à la perte d’un être cher : doit-on vivre malgré tout avec les souvenirs du mort ou se laisser succomber à la douleur ? Quête de deuil en forme de spleen, esthétique sans être figée, universelle et hors du temps, Norwegian Wood offre surtout une superbe leçon de « réconciliation avec la vie ». Et un grand moment de cinéma littéraire.

Bande-annonce

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