Subscribe

Nouvelle agression d’un élève dans un lycée du Val-de-Marne

Trois semaines après le meurtre d’un lycéen dans son établissement du Kremlin-Bicêtre, un élève de 14 ans a été violemment agressé mardi par sept individus dans son lycée à Vitry-sur-Seine, également dans le Val-de-Marne, où un coup de feu a été tiré en l’air.

Cette agression survient au lendemain de l’accélération de la sécurisation des établissements scolaires annoncée par le ministre de l’Education nationale Luc Chatel, avec des mesures critiquées par certains syndicats.

La tête recouverte de capuches, les sept agresseurs se sont introduits vers 11H00 dans le lycée polyvalent Adolphe-Chérioux qui compte 1.500 élèves et s’en sont violemment pris à la victime dans la cour, selon une source policière.

Un coup de feu a été tiré en l’air “pour impressionner”, selon la même source, mais la nature précise de l’arme n’a pu être déterminée.

Projetée au sol et rouée de coups, la victime aurait également reçu un coup de couteau dans la cuisse, souffrirait d’une plaie à l’oreille et aurait les yeux tuméfiés par les gaz lacrymogènes, a indiqué une source judiciaire. Hospitalisé à Kremlin-Bicêtre, son état n’est pas jugé préoccupant.

Deux mineurs de 15 et 16 ans soupçonnés d’avoir participé à l’agression ont été interpellés et une bombe lacrymogène a été retrouvée sur l’un d’eux, selon une source policière. Les deux suspects et la victime sont tous originaires de Thiais (Val-de-Marne), d’après la source judiciaire.

“Ils étaient une dizaine sur lui (…). L’un a sorti un pistolet (…), un vrai pistolet, mais avec des boules au lieu de balles. Il a tiré, mais n’a pas réussi à le toucher. Puis, un des agresseurs (lui) a mis un coup de gazeuse (bombe lacrymogène, ndlr)”, a raconté à l’AFP Mohamed, un élève de seconde.

Sous le choc, la proviseure Françoise Cadart a, elle, assuré qu'”il n’y avait pas de signes avant-coureurs de violence” dans son établissement, dans lequel aucun dispositif de sécurité n’était mis en place.

“C’est un problème de société, de la violence gratuite, qui n’est pas du tout propre à cet établissement, mais, au contraire, généralisée. Ca peut arriver n’importe où”, a témoigné Hamed Ghellamallah, professeur d’électrotechnique dans l’établissement.

Ce nouvel incident survient après la mort, le 8 janvier, d’un lycéen de 18 ans, Hakim Maddi, poignardé par un camarade au lycée Darius-Milhaud du Kremlin-Bicêtre.

Lundi, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel avait annoncé que les équipes mobiles de sécurité (EMS), composées de personnels de l’Education nationale et de policiers ou de gendarmes et chargées d’intervenir dans les établissements scolaires, seraient généralisées à toutes les académies d’ici au 31 mars.

Cinq membres d’une EMS, chargée de sécuriser les lieux, ont été déployés mardi dans le lycée Adolphe-Chérioux, selon le rectorat de Créteil, où ce dispositif est testé depuis plusieurs mois. Trois autres personnes spécialisées dans l’écoute seront envoyées mercredi matin dans l’établissement.

Mais cette annonce n’a pas fait taire les critiques. “Le nouvel incident de Vitry prouve que les EMS ne servent à rien. Ce qu’il faut ce sont davantage de surveillants, de profs et de médiateurs”, a déclaré à l’AFP Layla Boubekeur, du syndicat lycéen FIDL.

“Ce ne sont ni les systèmes de vidéosurveillance, ni les policiers, ni les équipes mobiles de sécurité imaginées (…) qui pourraient apporter une solution”, a réagi la CGT Education du Val-de-Marne, selon qui “le discours sécuritaire ne vise qu’à contourner la question des moyens humains”.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related