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Nouvelle Vague : L’art de la récup’ sur les routes américaines

En tournée aux États-Unis jusqu’au 20 février, Nouvelle Vague, groupe français dont le concept est de reprendre et revisiter le répertoire musical des années 70 et 80, jouit d’un succès incontestable, jusque dans les villes moyennes américaines.

France-Amérique : Depuis quelque temps, comme l’illustre le récent Grammy Award du meilleur album étranger décerné à Phoenix, les groupes français se portent plutôt bien aux États-Unis. Comment se passe actuellement votre tournée américaine ?

Marc Collin : Très bien ! C’est notre troisième tournée ici et sûrement la meilleure. Il y a de plus en plus de monde à nos concerts. Hier, (ndlr, le 9 février) à Los Angeles, on a eu plus de 1 000 personnes. Et même dans les plus petites villes comme Salt Lake City, on a également un beau succès. En tant que Français, c’est toujours agréable de pouvoir se rendre compte qu’à travers tout le pays, le public est connaisseur.

Justement, quel concert avez-vous préféré ?

Bizarrement, j’ai beaucoup aimé notre concert à Salt Lake City. On s’attendait à ce qu’il n’y ait personne, et dans cet atypique club rock (ndlr, Urban Lounge), le public a répondu présent. Il était même à fond. Mais même si cette date était assez spéciale, la tournée reste géniale dans son ensemble. Les concerts à San Francisco ou Detroit étaient aussi fantastiques.

Le public américain est donc assez réceptif à votre musique ?

Oui. Et par rapport à la tournée de 2005, on touche un public plus large. Il y a non seulement les fans habituels, mais aussi des gens qui ne nous connaissent pas et viennent aux concerts tout simplement parce qu’ils ont entendu parler du projet. Et ils sont assez attentifs. Même si on joue principalement des reprises en anglais, on est considéré comme un groupe français.

Comment est né ce concept de reprises, qui, sur le premier album, revisitait le punk des années 80 en bossa nova ?

Pour moi, c’est une idée qui est venue naturellement, par maturation. J’ai toujours écouté des tas de musiques différentes et ai commencé à être fan de musique new wave avant même d’être musicien. Par la suite, je suis devenu musicien, compositeur et producteur. Et depuis quelques années, lorsque je réécoute des chansons que j’affectionnais quand j’étais jeune, je les analyse différemment, comme un professionnel. Et je me suis simplement dit que cela valait le coup de les reprendre. Dans le métier, on dit souvent qu’une bonne chanson tient à la qualité de la voix et des guitares. C’est ce qu’on a fait en partant de l’idée que ces chansons avaient été enregistrées au Brésil dans les années 60. J’ai appelé Olivier Libaux et on s’est tout de suite dit que ça allait marcher.

Sur 3, votre dernier album, le concept a plus viré vers la pop-rock, non ?

Oui, parce qu’on a voulu changer. Le public suit, apprécie, alors on n’a pas à se plaindre !  Il y a ceux qui nous ont aimés pour les projets du début et qui nous suivent toujours, et il y a ceux qui ne se savent même pas qu’on faisait de la bossa nova, qui viennent juste parce qu’ils aiment nos chansons actuelles.

Nouvelle Vague, c’est une référence directe au mouvement cinématographique de la fin des années 50 ?

Oui et non. Littéralement, c’est d’abord la traduction de bossa nova et new wave. C’est surtout de là qu’est parti le concept. Mais c’est vrai que j’aime beaucoup cette période du cinéma. Et à l’étranger, Nouvelle Vague marche très bien, le nom a une connotation amusante.

Justement, avez-vous plus de succès à l’étranger qu’en France ?

Au niveau des concerts, oui. En France, on a plus de succès à Paris lorsqu’on joue à l’Olympia par exemple, mais c’est plus difficile en province. Alors qu’ici, en Allemagne ou en Angleterre, on arrive à combler de grandes salles.

Comment choisissez-vous vos reprises ?

On reprend  des chansons que l’on aimait lorsqu’on était jeune. C’est assez simple en fait.

Ne vous a-t-on jamais dit que jouer des reprises était un peu facile ?

Si, c’est arrivé. Mais, vu le travail de composition et d’arrangement que je réalise à côté de Nouvelle Vague, je n’ai aucun complexe. Dans certains genres de musique comme le classique ou le jazz, cela arrive souvent. Personne n’a été dire à John Coltrane qu’il ne devait pas reprendre tel ou tel standard des années 20. Reprise ne veut pas dire absence de création. Cette réflexion est assez surannée pour moi. Être moderne, c’est jouer avec le passé. On ne peut plus inventer de style à proprement dit. Tout existe en même temps et chaque musique tisse des liens avec les autres. C’est tout aussi intéressant.

Avez-vous une reconnaissance particulière de la part des groupes que vous reprenez ?

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La plupart du temps, oui. On a beaucoup d’avis positifs et certains sont également présents sur nos albums. En règle générale, tout se passe très bien de ce côté-ci.

Quels groupes actuels aimez-vous particulièrement ?

Le dernier album de Vitalic, j’aime bien. Emil

iana Torrini aussi. The XX et encore plein d’autres choses.

C’est le choix de l’écletisme ?

Complètement. J’écoute de tout.

Nouvelle Vague change beaucoup de collaborateurs, de chanteuses notamment. Pourquoi ?

À la base, Nouvelle Vague n’est pas vraiment un groupe. C’est un projet de producteurs (ndlr, Marc Collin et Olivier Libaux). Je suis un peu comme un réalisateur qui fait son casting par rapport aux chansons qu’il choisit. Je me dois de trouver le musicien ou la chanteuse qui sera proche du style que l’on veut adopter sur une chanson. La plupart du temps, le choix se fait en fonction de rencontres. Au feeling.

Quels sont vos projets après cette tournée américaine ?

Deux albums. Un spécial France où l’on va faire des reprises de chansons françaises des années 80, celles de Lio par exemple. Et un deuxième uniquement avec le répertoire américain, dans lequel on pourra retrouver des morceaux des Pixies entre autres.

Infos pratiques :

Nouvelle Vague en concert au Artime Theater de Miami le 16 février 2010,

le 17 février au Clue At Firestone d’Orlando,

le 18 février au Loft d’Atlanta et

le 20 février au 9:30 club de Washington.

http://www.myspace.com/nouvellevague

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