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Nucléaire iranien: Hollande teste à New York la sincérité du nouveau pouvoir

S’il entend afficher sa fermeté sur le dossier syrien, François Hollande a également l’intention, mardi à l’ONU, de sonder les intentions du nouveau dirigeant iranien modéré Hassan Rohani dont le pays est soupçonné de vouloir se doter de la bombe atomique.

Les deux chefs d’Etat se retrouveront en début d’après-midi au siège des Nations unies, une rencontre inédite à ce niveau depuis 2005 quand Jacques Chirac s’était entretenu à Paris avec le réformateur Mohammad Khatami. François Hollande se sera exprimé auparavant sur CNN International depuis New York, à 20h. Le président français sera vraisemblablement le seul responsable occidental de premier plan à serrer la main du numéro un iranien lors de la 68e Assemblée générale de l’ONU. Un temps envisagé, un autre tête-à-tête avec le président américain Barack Obama “n’est pas à l’ordre du jour”, a affirmé mardi Téhéran.

Quoi qu’il en soit, l’entretien, sollicité par la partie iranienne, a été soigneusement préparé lundi par les collaborateurs des présidents Hollande et Rohani qui se sont accordés sur un ordre du jour précis. Hassan Rohani, observe-t-on de source française, s’est imposé en “big star” de cette assemblée générale de l’ONU, un peu comme feu le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi avec son discours fleuve de 2009.

Mais il reste à vérifier que les signes d’ouvertures et “l’offensive de charme” du nouveau pouvoir iranien ne sont pas de vains mots, souligne-t-on de même source. Et même s’il ne s’agit pas dans l’esprit des diplomates français “de résoudre tous les problèmes” en 45 minutes, l’intention est de “vérifier la disponibilité” iranienne à “progresser sur les sujets contentieux”. En tête sur la liste : le programme nucléaire iranien que Washington et ses alliés soupçonnent d’avoir des visées militaires en dépit des démentis de Téhéran. “Nous sommes prêts à engager le dialogue avec l’Iran mais dans la vraie vie, on a de gros problème avec Téhéran: le programme nucléaire se poursuit, y compris dans ses aspects les plus dangereux”, observe-t-on dans l’entourage du président français.

Syrie et Liban

La France, aura un “niveau d’exigence élevé” à l’égard de Téhéran, prévient-on encore de même source. Elle exige que les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) puissent accéder à l’ensemble des sites nucléaires iraniens, que Téhéran réponde aux questions de cette agence de l’ONU et se plie aux décisions du Conseil de sécurité. A ces conditions, Paris pourrait envisager à terme la levée des sanctions internationales qui pénalisent fortement l’économie iranienne.

De la même manière, MM. Hollande et Rohani parleront de la stabilité du Liban, où l’Iran exerce également une influence déterminante via le Hezbollah ainsi que de l’Afghanistan, dans la perspective du retrait américain et allié fin 2014. A la tribune de l’ONU, François Hollande évoquera publiquement le dossier du nucléaire iranien mais il devrait surtout évoquer la Syrie “même s’il n’y a pas de grande annonce à attendre”, selon son entourage.

Le président français devrait plaider pour une résolution du Conseil de sécurité organisant le désarmement de l’arsenal chimique du régime de Bachar al-Assad “aussi contraignante que possible”. Paris, tout comme Washington et Londres, le tient pour responsable du massacre à l’arme chimique perpétré le 21 août et qui a fait, selon les services de renseignement américains, près de 1 500 morts dont plusieurs centaines d’enfants dans la banlieue de Damas.

Dès mercredi, François Hollande avait fait savoir qu’il n’entendait pas se satisfaire d’une résolution “vague dans ses objectifs”. Le processus de contrôle et de vérification de l’arsenal chimique syrien devra être “total et extrêmement précis”, avait alors traduit son entourage, et la contrainte à son “maximum”. La Russie qui souffle sans cesse le chaud et le froid, refuse toujours que le chapitre VII de la charte de l’ONU, qui prévoit des sanctions, voire un recours à la force, soit mentionné d’emblée dans une résolution mais pourrait l’accepter en cas de manquement du régime de Damas à ses obligations. Pour le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, l’adoption d’une résolution dès cette semaine est envisageable mais à la condition que le texte “prévoie que des mesures sous chapitre VII puissent être prises”.

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