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Nuit de terreur à Santiago après une secousse interminable

Des milliers d’habitants de Santiago, pourtant habitués aux séismes, ont vécu une nuit de terreur, jetés hébétés dans les rues de la capitale samedi par une secousse de magnitude 8,8 qui a fait au moins 300 morts, principalement dans le centre du pays, à quelque 300 km de la capitale.

Dans les patios, les cours des immeubles, dans les rues de Santiago, des gens en pyjama ou tenue de nuit se sont précipités, paniqués, après la longue secousse qui selon des témoins a duré plus de deux minutes et plongé la capitale de 6 millions d’habitants dans l’obscurité totale.

“Vous allez tous bien ?”. Entre quelques pleurs d’enfants apeurés, les gens prenaient des nouvelles autour d’eux, incrédules d’être sains et saufs après une secousse si massive, qui avait fait trembler leur maison, tomber les cadres et les étagères, fissuré des murs.

“C’est la pire que j’ai connue de ma vie”, soufflait Sebastian dans la cour d’un lotissement de Nunoa, dans l’est de la capitale. Ce jeune Chilien de 22 ans, dit se rappeler d’un autre fort tremblement de terre en 1985, mais n’avait jamais connu de telle secousse.

“Ma maison s’est mise à trembler comme de la gélatine”, a raconté un journaliste de l’AFP, dont le domicile a été endommagé, avec quantité de mobilier jeté à terre.

Dans les rues, l’obscurité ajoutait à l’angoisse, comme les communications téléphoniques impossibles, alors que les gens s’efforcaient de prendre des nouvelles de proches, d’amis.

Au petit matin, les rues offraient le spectacle de groupes de gens en pyjama, se mêlant à des grappes de jeunes sortis de boîtes de nuit. Les voitures passaient prudemment aux carrefours, rendus périlleux par l’absence de feux de signalisation.

Une vingtaine de répliques, d’une magnitude égale ou supérieure à 5, dissuadaient beaucoup de Santiaguinos de regagner leur domicile dans la matinée, malgré les appels au calme des autorités et la recommandation expresse de rester dans les foyers “sauf nécessité urgente”.

A plusieurs reprises dans les premières heures, la présidente Michelle Bachelet, extrêmement populaire auprès des Chiliens et qui termine son mandat dans dix jours, est intervenue a la télévision, pour transmettre un message de calme.

L’aéroport fermé pour 24 heures au moins, des bretelles d’autoroutes urbaines affaissées, des églises gravement endommagées comme celle de la Divine Providence dans le centre-ville, de nombreux bâtiments lézardés, avec des bouts de corniche à terre: la capitable a souffert.

Mais avec un recul de quelques heures, elle paraissait avoir relativement résisté au séisme, qui a surtout qui a surtout frappé la région de Concepcion, du Maule, de l’Araucanie, à 300-400 km au sud-ouest de la capitale, où a été déclaré un état d’urgence local.

De premières images de télévision de Concepcion montraient des bâtiments effondrés, un centre historique gravement endommagé, des ponts effondrés. Des radios de Santiago citaient des témoins rapportant des scènes “dantesques” de destruction dans des villages de la région.

Aucun bilan officiel précis des dégâts dans cette zone n’était disponible une dizaine d’heures après le séisme.

 

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