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Obama annonce la fin symbolique des combats en Irak

Le président Barack Obama devait marquer mardi la date symbolique de la fin des opérations de combat de l’armée américaine en Irak, sept ans après une invasion à laquelle il s’était opposé, et alors que le pays semble encore loin d’être stabilisé.

Depuis le cadre solennel du Bureau ovale de la Maison Blanche, réservé aux grandes occasions, M. Obama va s’adresser à ses compatriotes lors d’un discours télévisé à partir de 20H00 (minuit GMT). Mardi matin, il s’est envolé pour une base militaire du Texas (sud) pour rencontrer des soldats. Son vice-président Joe Biden, chargé de suivre le dossier de l’Irak à la Maison Blanche, effectue de son côté une visite officielle dans le pays, sa sixième en 18 mois. Les effectifs de l’armée américaine en Irak sont passés sous la barre symbolique des 50.000 soldats. A partir de mercredi, ils seront chargés “de conseiller et d’aider” l’armée irakienne. Selon le calendrier énoncé par M. Obama après sa prise de fonctions, ils devront être partis à la fin 2011.

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a estimé mardi que l’Irak était désormais “un pays souverain et indépendant” et a assuré que son armée était capable d’y assurer la sécurité. Le chef d’état-major irakien avait toutefois manifesté son inquiétude le 11 août dernier, craignant que ses hommes ne soient pas pleinement prêts avant 2020. Le pays n’a toujours pas de gouvernement près de six mois après des législatives et reste la cible d’attentats meurtriers attribués à Al-Qaïda.

“Le niveau de violences est de plus en plus bas. Les forces irakiennes de sécurité fonctionnent aussi bien, sinon mieux que ce que nous avions prévu”, a affirmé dimanche M. Obama. Il a jugé que les Irakiens traversaient des difficultés politiques “naturelles dans une démocratie qui débute” mais dit son optimisme, une opinion partagée par M. Biden: “ça va aller pour nous, et ça va aller pour eux”, a-t-il déclaré lundi soir. Lors de son discours, seulement le deuxième de sa présidence depuis le Bureau ovale – le premier, le 15 juin, avait été consacré à la marée noire dans le golfe du Mexique -, M. Obama devrait évoquer le deuxième théâtre majeur d’opérations de l’armée américaine: l’Afghanistan. Dans ce pays, il a choisi l’escalade, y triplant les effectifs militaires depuis le début de son mandat.

Critique virulent de l’invasion de l’Irak en 2003 – il n’était à l’époque qu’élu local -, M. Obama estime en revanche que celle de l’Afghanistan était justifiée et que son enjeu est la sécurité des Etats-Unis face à Al-Qaïda. La position du président n’a pas changé, a souligné lundi son porte-parole Robert Gibbs. “Sans aucun doute, un ensemble de mauvais calculs ont été faits quand nous avons envahi l’Irak”, a-t-il dit, évoquant d'”énormes erreurs stratégiques et tactiques” commises à l’époque par l’administration républicaine de George W. Bush.

Comme il l’avait fait en février 2009 avant de révéler son calendrier de retrait, M. Obama devrait appeler son prédécesseur au téléphone mardi, a révélé M. Gibbs. Dans son discours de mardi, M. Obama, qui a toujours fait la distinction entre la décision politique d’envahir l’Irak et l’engagement des militaires sur le terrain, devrait aussi rendre un hommage appuyé aux soldats américains. Plus d’un million ont été déployés en Irak depuis 2003 et quelque 4.400 y ont perdu la vie. Le président a d’ailleurs effectué une visite lundi dans le grand hôpital militaire Walter-Reed de Washington, y rencontrant une trentaine de soldats blessés au combat. Il a décoré 11 d’entre eux du “Purple Heart”, l’une des médailles militaires les plus prestigieuses.

 

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