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Obama-Medvedev : un nouvel accord sur le nucléaire

Washington et Moscou ont annoncé vendredi un nouveau traité prévoyant de réduire sensiblement leur nombre d’ogives nucléaires. Barack Obama a affirmé que les deux anciens ennemis de la Guerre froide allaient “montrer la voie” pour lutter contre la prolifération.

A l’issue de mois de négociations, le président américain et son homologue russe Dmitri Medvedev ont finalisé lors d’une ultime conversation téléphonique le traité qui succèdera à l’accord START I de 1991.

Selon la présidence américaine, aux termes de ce traité, baptisé “nouveau START”, les arsenaux nucléaires des deux pays seront limités à 1.550 ogives chacun, ce qui représente une baisse de 74% par rapport à START I et de 30% par rapport au traité de Moscou conclu en 2002. Moscou posséderait actuellement 3.000 ogives et Washington 2.200.

Le texte n’impose néanmoins pas de contraintes au plan de développement et d’amélioration de la défense antimissile américaine, a déclaré vendredi le ministre américain de la Défense. Robert Gates a expliqué que le pacte n’empêcherait pas “l’amélioration et du déploiement” de systèmes de défense antimissile américain en Europe et ailleurs, dans le but affirmé de se protéger contre une éventuelle menace iranienne.

Mais le Kremlin a assuré que le texte comprendrait une clause fixant un “lien entre les armements stratégiques offensifs et défensifs”, qui sera “juridiquement contraignant”.
Le Kremlin a estimé que “le nouveau traité élève le niveau de coopération russo-américaine dans le développement des nouveaux liens stratégiques”, et M. Medvedev a observé que cet accord “reflétait l’équilibre des intérêts des deux pays”.

“Avec cet accord, les Etats-Unis et la Russie –les deux plus grandes puissances nucléaires du monde– indiquent clairement qu’elles sont prêtes à montrer la voie” en matière de lutte contre la prolifération nucléaire, a déclaré M. Obama face aux journalistes à la Maison Blanche.

START I avait conduit à une réduction importante des arsenaux nucléaires, tout en imposant des contrôles mutuels. Mais il avait expiré le 5 décembre 2009 sans successeur malgré des discussions qui se sont tenues pendant de longs mois à Genève.

L’administration de M. Obama avait affirmé souhaiter un “redémarrage” dans ses relations avec Moscou. “Ce traité représente un pas important en avant dans notre coopération avec la Russie”, s’est donc félicité la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, succédant à M. Obama dans la salle de presse de la Maison Blanche.

Affirmant que “la diplomatie patiente et dotée de principes peut bénéficier à nos intérêts nationaux en produisant des résultats”, la chef de la diplomatie américaine a estimé que ce traité montrerait “au monde, et en particulier à des pays comme l’Iran et la Corée du Nord”, la volonté des grandes puissances de lutter contre la prolifération.

A Paris, le président Nicolas Sarkozy a salué “chaleureusement” le nouveau traité, la France y voyant “un signal très important” à la communauté internationale.
Pour M. Obama, qui a convoqué les 12 et 13 avril un sommet international sur la sécurité nucléaire à Washington, cette annonce constitue un deuxième succès notable en quelques jours, après la promulgation de sa réforme de l’assurance maladie.

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