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Obama parle de “choix difficiles” pour résoudre la dette à long terme

Le président Barack Obama a évoqué la nécessité d’opérer des “choix difficiles” dans les prochains mois pour lutter efficacement contre les déficits et la dette des Etats-Unis, y compris des coupes dans les budgets sociaux et militaires, dans un entretien diffusé vendredi.

“Il va falloir une approche radicalement différente”, a indiqué M. Obama à la radio publique américaine (NPR), au moment où son administration prépare le prochain budget fédéral. “Ce n’est pas une question de plus d’Etat ou de moins d’Etat, mais d’un Etat intelligent” dans ses dépenses, a-t-il ajouté. “La première chose à faire est de nous occuper des (dépenses) indispensables”, a remarqué M. Obama. “Dans cette catégorie, je mettrais la recherche et le développement, l’éducation (…) les infrastructures pour être compétitifs au XXIe siècle, et faire en sorte que ce pays soit en sécurité”. “Pour le reste, nous devons discuter et nous demander si nous ne pouvons pas nous débrouiller avec un peu moins? Cela va être une discussion ardue”, a-t-il dit, tout en assurant que “ce n’est pas une situation dans laquelle nous allons devoir tout détruire et brûler”. “Nous devrons prendre en considération tout un ensemble de choses. Et cela doit comprendre les dépenses obligatoires”, soit les programmes de sécurité sociale ou de retraites, a-t-il indiqué. “Cela comprend la défense et d’autres dépenses où nous pourrions sans doute faire plus avec moins d’argent, si nous opérons vraiment des choix difficiles”, a-t-il fait valoir, tout en reconnaissant que ces choix seraient “impopulaires”. “Je sais que je vais être la cible de critiques des démocrates et des républicains tout au long de l’année, à cause des choix que je vais obliger le Congrès à examiner de près”, a prédit M. Obama. “Depuis dix ans, nous avons tendance à penser que nous pouvons continuer à avoir tous les services que nous voulons, tout en réduisant les impôts autant que nous voulons, et que d’une façon ou d’une autre, cela va s’équilibrer de façon magique. Les Américains savent que ce n’est pas le cas”, a-t-il jugé.

L’Etat fédéral américain a accusé lors de l’exercice 2010, qui s’est achevé le 30 septembre, un déficit de 8,9% du produit intérieur brut. La dette publique se rapproche quant à elle des 13.800 milliards de dollars, soit plus de 93% du PIB. Les déclarations de M. Obama interviennent alors qu’il a conclu cette semaine avec les républicains du Congrès un accord-cadre sur la question des impôts, prévoyant de prolonger pendant deux ans les cadeaux fiscaux hérités de l’ère Bush, même pour les Américains les plus riches. M. Obama, affaibli depuis la défaite de son camp aux législatives du 2 novembre, s’est résolu à une telle concession, alors qu’il avait auparavant estimé que les Etats-Unis ne pouvaient pas se permettre ce genre de mesures en période de déficits abyssaux. La Maison Blanche a depuis affirmé que le déficit budgétaire à court terme serait creusé, mais que l’injection d’argent public, via les allégements d’impôts également consentis à la classe moyenne, relancerait l’économie américaine et réduirait le déficit budgétaire après 2013.

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