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“Opération colmatage de la fuite”: BP demande aux Américains d’être patients

Le groupe BP demandait samedi “de la patience” aux Américains suspendus à sa tentative de colmatage de la fuite de pétrole à l’origine de la marée noire dans le golfe du Mexique et dont le succès, ou l’échec, pourrait être connu au cours du week-end.

L’opération “se poursuit en ce moment” et son résultat pourrait être connu dimanche, a indiqué samedi à l’AFP un porte-parole du géant pétrolier britannique, Robert Wine. “Nous serons à ce moment en mesure de dire si c’est un succès ou si nous n’allons pas dans la direction souhaitée”, a-t-il ajouté.

“Il n’y a pas d’heure limite”, a-t-il toutefois souligné. “Nous ne travaillons pas en fonction du temps, nous travaillons en fonction de ce que l’on constate au niveau du puits”. “L’élément décisif, c’est la patience”, a pour sa part déclaré le directeur d’exploitation de BP, Doug Suttles.

Lancée mercredi, cette manoeuvre hautement délicate et sans précédent à cette profondeur (1.500 mètres) consiste à envoyer dans le puits un mélange d’eau et de matières solides. Une fois le flux de pétrole stoppé grâce à cette “boue”, il s’agira de cimenter la source.

En sus, BP, qui exploitait la plateforme dont le naufrage le 22 avril a provoqué la catastrophe, a également injecté des débris destinés à faciliter les efforts de colmatage. En cas d’échec, “nous avons une autre solution en stock, qui consiste à poser un couvercle de confinement sur la fuite”, a dit le porte-parole de BP.

BP est soumis à une forte pression de la part de l’opinion publique américaine et de l’administration Obama, hantée par le désastre politique qu’avait entraîné l’inertie du gouvernement Bush face au cyclone Katrina en 2005, dans la même région.

Le péril est de taille: le pétrole s’est répandu dans le golfe à un rythme de 2 à 3 millions de litres par jour depuis le naufrage de la plateforme Deepwater Horizon, selon des experts mandatés par l’administration américaine.

Le président Barack Obama s’est rendu vendredi en Louisiane (sud), l’Etat le plus touché par la marée noire. Il a annoncé à cette occasion le “triplement des effectifs” déployés dans les régions côtières touchées par la catastrophe.

“Je suis ici pour vous dire que vous n’êtes pas seuls”, a-t-il lancé aux habitants. “On ne vous abandonnera pas, on ne vous laissera pas tomber”, a assuré Barack Obama, qui s’est rendu sur une plage à Port Fourchon où il a constaté par lui-même la présence de billes de goudron.

La catastrophe est d’ores et déjà considérée comme la plus grave marée noire jamais survenue aux Etats-Unis et chaque nouvelle journée apporte son lot d’images de rivages souillés, d’animaux englués.

Les dégâts sont particulièrement importants dans certains marais, comme à Pass-a-Loutre (Louisiane) où le pétrole a recouvert des roseaux. “Ici, il n’y a rien. Tout est presque mort”, constate Angelina Freeman, une scientifique travaillant sur l’impact de la marée noire.

Quelque 20.000 personnes participent aux opérations visant à endiguer la marée noire. Lors de son intervention en Louisiane vendredi, Barack Obama a promis de nouveaux barrages anti-pétrole.

La lutte contre la marée noire implique également l’usage -controversé- de dispersants dont 3,3 millions de litres ont été répandus jusqu’à présent. L’Agence américaine de l’Environnement (EPA) a néanmoins indiqué que BP utilisait désormais moins de produits chimiques pour disperser le pétrole.

Le rappel, jeudi, de 125 bateaux de pêche après les malaises de quatre membres d’équipages avait soulevé la question de la sécurité des marins participant aux opérations de nettoyage.

 

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