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Ouverture du procès de Jacques Viguier pour un meurtre sans cadavre

Le procès du professeur de droit toulousain Jacques Viguier, poursuivi pour le meurtre de sa femme mystérieusement disparue en 2000 et dont le corps n’a jamais été retrouvé, s’est ouvert lundi pour deux semaines devant la cour d’assises de Haute-Garonne.

“Je suis fatigué mais en même temps, ce sera une délivrance d’être acquitté dans 15 jours”, a déclaré le professeur de droit public de la Faculté de droit de Toulouse, le visage fermé, entouré de ses avocats et suivi d’une cohorte de journalistes, lors de son entrée au tribunal. Le verdict est attendu le 30 avril.

Suzanne Blanch épouse Viguier, mère de trois enfants, avait disparu le 27 février 2000, la veille d’un rendez-vous avec son avocat pour entamer une procédure de divorce. Elle avait été raccompagnée à son domicile vers 4H30 par son amant après une partie de cartes. Son mari n’avait signalé la disparition que trois jours plus tard, expliquant que le couple faisait chambre à part.

Au mois de mai 2000, Jacques Viguier avait été mis en examen et écroué en raison d'”incohérences et d’incertitudes” dans ses explications et sur la foi d’expertises scientifiques. La disparition du matelas du canapé sur lequel dormait Mme Viguier, la présence d’ADN mélangé des deux époux décelé dans des taches de sang découvertes sur du linge de maison, un mystérieux coup de fil passé du domicile à une heure où il certifie qu’il faisait un jogging… ont formé un faisceau de présomption dans une enquête sans aveu et sans cadavre.

L’avocat de M. Viguier, Me Georges Catala, a déclaré que l’accusé “était partagé entre angoisse et confiance. Angoisse car ça fait neuf ans qu’il suit cet itinéraire et confiance car il croit à la justice de son pays”.

“Il n’y a pas de doute depuis le début, toutes les personnes qui connaissent le dossier savent qu’il est coupable, reste à le démontrer et à le prouver. Selon l’accusation, le mobile est que le lendemain matin, elle avait rendez-vous chez un avocat et Jacques Viguier ne voulait pas divorcer”, a déclaré pour sa part Me Guy Debuisson, avocat des parties civiles.

“Même si lui-même avait quelques turpitudes conjugales, il avait estimé qu’à un certain niveau social, on ne divorçait pas”, a ajouté avant l’ouverture des débats Me Debuisson, convaincu qu’il y aura un nouveau procès.

“Il y aura forcément appel, affirme-t-il : s’il y a acquittement, c’est le parquet qui fera appel, s’il est condamné, c’est Viguier qui fera appel”. M. Viguier avait effectué neuf mois de détention provisoire après sa mise en examen en mai 2000.

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