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Ouverture du sommet du G7

Les grands argentiers du G7 se sont retrouvés vendredi soir à Rome, alors que les mauvaises nouvelles pour l’économie s’accumulent, pour tenter de trouver des lignes d’action commune face à la crise et devraient dans ce cadre s’engager à résister au protectionnisme. Sur le banc des cancres en la matière, la France et les Etats-Unis.

Les ministres des Finances et les banquiers centraux des sept pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon) ont entamé leurs discussions au cours d’un dîner qui a marqué l’ouverture de leur réunion à laquelle la Russie a aussi été invitée.

La rencontre s’achèvera samedi avec la publication d’un communiqué.

Le ministre italien, Giulio Tremonti, a présenté à ses hôtes son idée d’un corpus minimum de règles, baptisé “étalon légal”, en référence à l'”étalon-or”, afin d’encadrer la finance mondiale et en améliorer la transparence, a rapporté le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, à la sortie du dîner.

Les grands argentiers ont eu “un échange de vues” sur les propositions de M. Tremonti, dont les “grandes lignes” ont reçu un “grand soutien”, a déclaré M. Juncker.

La ministre française Christine Lagarde s’est félicitée de son côté que ses homologues américain Timothy Geithner et britannique Alistair Darling aient affiché au cours du dîner comme “double priorité” la relance de l’économie et la réforme de la réglementation financière.

Mme Lagarde devrait presser au cours de la réunion ses partenaires d’avancer sur la régulation des fonds spéculatifs, une position soutenue par l’Allemagne.

Le G7 devrait afficher sa volonté d’une action coordonnée pour relancer l’économie, alors que les mauvaises nouvelles se sont accumulées vendredi, avec notamment une aggravation de la récession en Allemagne, en Italie et globalement dans la zone euro qui a enregistré un recul record de 1,5% de son PIB au 4e trimestre 2008.

Le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner, qui effectue à Rome sa première sortie sur la scène internationale, avait indiqué avant la rencontre s’attendre à des “mesures audacieuses”.

L’économie est en “profonde récession”, “les gens ne chantent pas et ne dansent pas vraiment sur les tables”, a noté le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn.

Selon M. Darling, l’économie mondiale subit “le plus sévère retournement depuis des générations” et la contraction du PIB de la zone euro “démontre l’échelle des problèmes auxquels nous faisons face”.

L’un des thèmes majeurs des débats devrait être la lutte contre les réflexes protectionnistes, de nombreux responsables ayant multiplié les appels en ce sens, à l’exemple du Japon qui l’a qualifié de “mal absolu”.

Les Etats-Unis, dont la clause “Buy American” (achetez américain) contenue un temps dans le plan de relance du président Barack Obama a suscité des remous, et la France, pour ses aides au secteur de l’automobile, ont été critiqués notamment par l’Allemagne, premier exportateur mondial.

“Le protectionnisme est un thème très délicat. Il ne faut pas que nous prenions la mauvaise route empruntée après la crise de 1929. Le G7 devra réaffirmer les grands principes (…) du libre-échange”, souligne Giuliano Noci de l’Ecole de commerce de l’Institut polytechnique de Milan.

Pour faire face aux conséquences humanitaires de la crise, le président de la Banque Mondiale Robert Zoellick veut inciter les pays riches a mettre en place un fonds pour venir en aide aux pays les plus vulnérables.

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