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Paris à la reconquête des galeries américaines

Pour la 37e édition de la foire internationale d’art contemporain à Paris, vingt-deux galeries américaines proposaient une sélection de leurs plus belles œuvres d’art sous la verrière du Grand Palais et à la Cour Carrée du Louvres du 21 au 24 octobre dernier. Compte rendu d’un millésime 2010 exceptionnel à la Fiac.

Elle court la rumeur, elle court…Paris aurait récupéré une place de choix sur la scène internationale de l’art contemporain. Fini la belle endormie ! Cette année, la capitale a retrouvé sa capacité d’attraction auprès des galeries du monde entier. Au point que l’américain Gagosian, l’un des mastodontes du marché de l’art, aux succursales établies aux quatre coins du monde, vient tout juste d’inaugurer sa première galerie parisienne, dans le « triangle d’or » du 8e arrondissement.

Tous les galeristes s’accordent à dire que Jennifer Flay, la directrice artistique d’origine néo-zélandaise de la Fiac depuis 2003, a su redonner à la foire parisienne un nouveau souffle, plus international. « La qualité artistique et la sélection étaient vraiment exceptionnelles, confirme sans hésitation la galeriste new yorkaise Paula Cooper. Il y avait beaucoup plus de galeries américaines comparativement aux autres années, dont certaines sont même venues pour la première fois à la Fiac». C’était notamment le baptême du feu pour la jeune galerie Bureau, Salon 94 ou encore le poids lourd Metro Picture pour New York, Blum Poe ou Regen Projects pour Los Angeles. Au total, vingt-deux galeries américaines s’exposaient la Fiac, sous la somptueuse nef du Grand Palais et à la Cour Carrée du Louvre. « Je crois bien que tous les galeristes absents l’année dernière ont entendu dire qu’il y aurait du monde à la Fiac. Ils ont donc passé une année à réfléchir et, au final, ils sont tous revenus. » Paula Cooper, elle, ne s’est jamais éloignée de la foire parisienne depuis quatre ans. Une acheteuse américaine s’approche discrètement. Combien vaut ce tableau ? 26 000 dollars, lance la galeriste. Les 85 660 visiteurs, eux, ont uniquement touché avec les yeux. La Fiac est bel et bien réservée aux riches collecteurs. La crise ? « Cela fait longtemps que l’on avait pas eu une aussi belle année comme celle-ci ! », rétorque Paula Cooper.

Plus loin, sous la nef du Grand Palais, la galerie new-yorkaise Lehmann Maupin fait son grand retour à Paris. « Je n’étais pas revenue à la Fiac depuis 21 ans, explique Rachel Lehmann, mais plusieurs de mes amis galeristes m’ont affirmé que Paris devenait de plus en plus intéressante…Et donc, me revoilà. ». Sur le mur principal de sa galerie éphémère, s’accroche des pensées de néons roses, bleus, jaunes, de l’artiste Tracey Emin, « I promise to love you », « Only god knows I’m good », à gauche, un photo-montage grand format de Gilbert & Georges, vêtus de leurs plus simples attributs.

A la Fiac, l’art se met en scène. Il est 17 h 00, trois personnages affublés de pyjamas XXL et de masques aux traits de Barack Obama entrent en action. Les présidents des Etats-Unis n°1 et n°2 soutiennent à portée de bras un énorme rocher au-dessus de Obama n°3. Cette performance artistique « Cusp » est l’œuvre de William Pope, originaire du New Jersey, et présentée pour son exposition personnelle chez Mitchell-Innes & Nash, la galerie new-yorkaise.

A la Cour Carré du Louvre, la galerie Salon 94 de New York, nouvelle recrue de la Fiac, a fait sensation. L’icône de la scène artistique new-yorkaise, Barry X Ball, a travaillé pendant deux ans en collaboration avec le musée du Louvre à la réalisation de « Sleeping Hermaphrodite », une sculpture en marbre noire aux courbes voluptueuses, réplique revisitée du célèbre chef d’œuvre de l’antiquité, Hermaphrodite Endormie. « Chaque année, nous essayons une nouvelle foire. La Fiac était une occasion en or pour exposer la réalisation de notre artiste. », raconte Fabienne Stephan, la directrice de la galerie.

La foire parisienne a également fait la part belle aux jeunes galeries dans le secteur Lafayette, en collaboration avec le groupe Galerie Lafayette. Parmi elles, le Bureau, inaugurée cette année à New York, présentait une exposition personnelle d’un jeune Américain, Justin Marthely. Sa fondatrice, Gabrielle Giattino, habitait à Paris il y a 13 ans et n’y avait jamais ressenti « une telle effervescence ». L’édition 2010 de la Foire internationale d’art contemporain prouve que Paris joue à nouveau dans la cour des grands.

 

Les galeries new-yorkaises présentes à la Fiac :

Salon 94 :12 East 94th Street, New York, NY 10128

Bureau : 127 Henry Street, New York, NY 10002

La Galerie Lehmann Maupin : 540 west, 26 street, New York, NY 10001

201 Chrystie Street, New York, NY 10002

Paula Cooper Gallery : 534 West 21st Street, New York, NY 10011

Mitchell-Innes & Nash : 1018 Madison Avenue, New York, NY 10075

534 West 26 Street, New York, NY 10001

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