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Paris-Chicago, une liaison argentique

Jean-Christophe Ballot, un photographe parisien de renom, pense la ville en architecte. Son exposition, Paris-Chicago, offre un regard croisé sur la révolution structurelle des deux villes.

Chicago n’est pas seulement le foyer du blues et du crime organisé. Elle est aussi la capitale de l’architecture, la matrice des premiers gratte-ciel et le personnage principal, avec Paris, de l’exposition de Jean-Christophe Ballot. « C’est l’école de Chicago qui a construit New-York », rappelle l’artiste. Cet ancien architecte de 49 ans, reconverti dans la photo, bâtit des ponts entre les villes. Paris, New-York, Los Angeles, Chicago. « Ma volonté est d’instaurer un dialogue par l’image entre les différentes architectures selon une approche cognitive », explique-t-il. Ressemblances de construction ou différences de personnalité, ses clichés exploitent la dramaturgie de la ville et révèlent sa nature intrinsèque. « D’après le public venu voir l’exposition, Paris serait une ville féminine et Chicago un espace plutôt masculin », témoigne-t-il. Selon lui, cette impression tient aux composites et au tracé de ces centres urbains.

Paris la féminine, Chicago la puissante

« La pierre blanche du bassin parisien est douce et claire. Elle souligne la rondeur de la capitale », affirme-t-il. Par comparaison, Chicago est une cité angulaire, aux structures métalliques. « Verre armé, acier forgé. Chicago laisse une impression solennelle », analyse le photographe. L’artiste s’amuse des représentations mentales que les Français se font de la ville. La guerre des gangs, la prohibition, Al Capone… Une esthétique froide pour films de gangsters, dont on pourrait trouver l’écho dans l’affiche glacée de Public Enemies. « Les Américains contribuent à ancrer cette idée dans l’imaginaire publique », reconnaît le photographe. « Ils cultivent également une image décalée de Paris » avoue-t-il. Pour Jean-Christophe Ballot, l’image réelle de Chicago est plus positive que l’image que l’on s’en fait. « C’est une ville moderne, dynamique, pleine de couleurs et tout en reflets », témoigne-t-il. L’artiste exprime son coup de cœur pour le quartier de Loop, le centre névralgique de Chicago et celui des Union Stock Yards, les anciens abattoirs de la ville. De l’herbe folle au musée, ces endroits constituent son terrain de jeu et un vivier « inépuisable » de matière à sublimer. « Je magnifie tout, même les terrains vagues », plaisante le photographe. Les friches industrielles l’inspirent autant que la skyline rutilante de la ville, perçue depuis le cadre spectaculaire du Millenium Park. « J’aime aussi la dimension scénique de Paris et de sa statuaire », dit-il. Face aux buildings de Chicago alignés selon une construction stricte, en damiers, le photographe se sert de l’objectif pour exprimer l’impression dramatique de gigantisme face au titan. « Je me sens comme une fourmi sur un échiquier », affirme l’artiste.

 

Paris-Chicago, du 13 juin au 16 Août 2009 au Loyola University Museum of Art

Loyola University Museum of Art
820 North Michigan Avenue
Chicago, IL 60611
312-915-7600

Cette exposition est organisée en partenariat avec l’Alliance Française de Chicago, les services culturels français de la ville de Chicago, la ville de Paris, le département des affaires culturelles, le partenariat international de villes jumelles. L’exposition a été montée par Jenny Norback.

Site de Jean-Christophe Ballot : http://www.jcballot.com/

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