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Paris et Washington ont voulu “éjecter” Laurent Gbagbo, selon un de ses ministres

Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Laurent Gbagbo, a accusé Paris et Washington d’avoir tout tenté pour “éjecter” M. Gbagbo du pouvoir après la présidentielle du 28 novembre en Côte d’Ivoire, dans un entretien avec l’AFP mardi.

“Paris et Washington ont privilégié une opération hors-la-loi et laissé de côté le Conseil constitutionnel d’un Etat souverain”, déclare M. Djédjé, interrogé à son ministère à Abidjan, dans le quartier administratif du Plateau. Les deux pays ont mené auprès de la communauté internationale “une opération pour éjecter le président Laurent Gbagbo”, au pouvoir depuis 2000, accuse-t-il. Depuis le scrutin, le pays a deux présidents proclamés ayant chacun formé leur gouvernement : Alassane Ouattara, désigné vainqueur par la commission électorale et reconnu par la communauté internationale, et Laurent Gbagbo, proclamé président par le Conseil constitutionnel ivoirien.

“Quand il s’agit de nous, le droit n’est plus valable, mais (seulement) les pratiques cavalières”, estime-t-il, dénonçant une “attitude raciste”. “Il y a eu une volonté de nous piétiner, de nous bafouer”, comme “si on était dans la jungle”. “On ne nous considère pas comme un Etat à part entière, mais comme un Etat de seconde zone à qui on peut encore imposer, comme sous le temps de la colonisation, directement de Paris et de Washington, un chef d’Etat”, assure M. Djéjdé, ancien conseiller diplomatique de M. Gbagbo et ambassadeur ivoirien aux Nations unies. Selon lui, “tout le monde se rend compte qu’on s’est précipité pour arracher des décisions afin de favoriser un des candidats pour qu’il s’en prévale”, mais “les uns et les autres sont en train de se ressaisir”.

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