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Parti socialiste : les voix des militants d’Amérique

Les militants socialistes installés aux États-Unis ont voté hier avec une journée d’avance pour choisir le premier secrétaire du parti. Alors que la tension monte entre les trois candidats

, Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon, les membres de la Fédération des Français de l’Étranger affirment préférer le débat d’idées aux combats des chefs.

Le refrain est maintenant connu : chaque vote compte. C’est pourquoi les adhérents du parti socialiste vivant aux États-Unis – et dont les cotisations sont à jour – ont participé hier 19 novembre et non aujourd’hui comme en France, au scrutin qui désignera le premier secrétaire du parti socialiste ainsi que les premiers secrétaires fédéraux et les secrétaires de section.

Sylvain Bruni qui a soutenu la motion de Bertrand Delanoë, est candidat au poste de secrétaire de la section de Boston qui compte dix adhérents. Ce jeune étudiant au Massachusetts Institute of Technology fait partie de la vague de militants qui ont pris leur carte pour 20 euros en 2006, rajeunissant le parti et permettant à Ségolène Royal de remporter les primaires du PS. Arrivé aux États-Unis trois ans plus tôt, c’est donc en terre étrangère que son engagement politique a commencé, au sein de la Féderation des Français de l’Étranger (FFE) du parti socialiste qui fête cette année ses 25 ans. Le 6 novembre dernier 810 votants sur 1766 inscrits se sont exprimés sur les différentes motions, soit un taux de participation de 45% , bien en dessous du taux de participation nationale (56%).

“ C’est vrai que c’est un peu décevant ”, concède Sylvain Bruni qui apprécie toutefois ces occasions données aux militants de s’exprimer directement lors d’un scrutin. “ On entend un peu partout que le parti est divisé. Mais à l’inverse de l’UMP où tout le monde s’est rallié derrière Nicolas Sarkozy sans poser de questions, au PS on aime débattre. Lorsqu’on regarde bien les différentes motions déposées, on se rend compte qu’elles ont beaucoup de points communs et que pour reprendre le mot de Bertrand Delanoë, les désaccords sont en fait plutôt des nuances. ” Contrairement à d’autres supporters de la motion A, il applaudit la décision du maire de Paris de soutenir maintenant Martine Aubry. “ C’est vraiment dommage que Delanoë, Aubry et Hamon n’aient pas fait de motion commune dès le départ ”, regrette-t-il.

Corinne Narassiguin, ingénieur, secrétaire de la section New York, candidate à sa propre succession faute de volontaires, s’est elle aussi découverte une âme de militante en arrivant aux États-Unis. “ Paradoxalement c’est en suivant les élections américaines de 2000 que ma curiosité pour la politique française s’est développée”, se souvient-elle. Si la jeune femme apprécie, comme Sylvain Bruni, la diversité des débats au parti socialiste, elle avoue volontiers qu’elle aimerait surtout “ qu’on se rassemble une fois le premier secrétaire choisi et qu’on se mette enfin au travail ! ” Elle espère ainsi voir revenir les fameux nouveaux adhérents”de 2006 qui, vite lassés des guerres de clans, se sont désintéressés de la vie du parti. “ À cette époque nous avions une liste d’une quarantaine de membres actifs, aujourd’hui il en reste une vingtaine ”, précise-t-elle. Motiver ces nouvelles recrues s’avère d’autant plus difficile que les cotisations ne sont pas restés à 20 euros très longtemps. “ Et, comme le rappelle Fabien-Pierre Nicolas de Californie, 150 euros de cotisations pour un smicard, ça veut dire manger des nouilles to

ute l’année ! (ndlr, la cotisation au PS représente 7% du salaire mensuel).

Fabien-Pierre Nicolas cadre en marketing, se présente aujourd’hui au poste de secrétaire de sa section forte de 25 membres, la San Francisco Harvey Milk, baptisée ainsi en hommage à un militant gay assassiné dans les années 70. Il n’appartient pas à la vague des nouveaux adhérents. C’est un “ revenant ” plutôt. Contrairement à Sylvain et Corinne, il a fait ses armes en France, sur le terrain. En 2002, quelques mois après la défaite de Lionel Jospin, découragé par le manque de volonté de changement des cadres du parti socialiste, il a claqué la porte. En 2006 le projet de démocratie participative de Ségolène Royal le ramène au bercail. “ À Lyon notamment j’avais eu l’occasion de côtoyer des hommes politiques et voir comment les militants étaient traités… Avec le groupe Désir d’avenir, l’association de Ségolène Royal, tout le monde mettait la main à la pâte, les rapports étaient beaucoup moins hiérarchisés. Pour avoir organisé des réunions participatives à Paris, je peux dire que Ségolène Royal n’essayait pas de remplacer les élus comme on le lui a reproché mais juste d’améliorer la prise de décisions ”, explique le jeune militant qui nourrit des sentiments ambivalents pour sa famille politique. “ C’est un parti constitué pour moitié d’élus et de leurs collaborateurs, dont la moyenne d’âge est de 55 ans, très masculine et qui risque de connaître à terme le sort du Parti Communiste en se coupant de sa base.” Il regrette notamment que le parti socialiste ait délaissé pendant si longtemps les salariés du secteur privé “ qui constituent seulement 20% de notre électorat alors qu’ils représentent plus de 50 % de la force de travail.

Le 6 novembre c’est bien sûr pour la motion soutenue par Ségolène Royal qu’il a voté. Et malgré le ralliement surprise de Bertrand Delanoë à Martine Aubry, il croit encore aux chances de sa candidate qu’il espère ainsi bien placée pour les présidentielles de 2012.

L’internet est l’outil qui permet à tous les adhérents de l’étranger, et des États-Unis en particulier de se retrouver et de confronter des idées, qu’ils se trouvent isolés dans le Midwest, qu’ils soient trop peu nombreux pour constituer une section, comme au Texas ou encore trop éloignés les uns des autres, comme à Los Angeles. “ Nous allons d’ailleurs développer un portail commun à l

’Amérique du Nord, promettent Sylvain et Fabien. Constituer une plateforme technologique pour canaliser le flot d’informations, les blogs, les différents communiqués…”

En attendant les spéculations font vibrer les blogeurs expatriés qui espèrent qu’un sursaut des absentionnistes bousculera les pronostics.

 

 

 

 

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