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Pascal Canfin et Nicolas Hulot à Washington pour la préparation de la conférence climat de 2015

Pascal Canfin, ministre chargé du Développement et Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, se sont rendus à Washington cette semaine notamment pour présenter la position de la France dans la perspective d’accueillir la 21e conférence des parties à la Convention des Nations Unies sur le climat en 2015 à Paris.

La France est le seul pays candidat à l’organisation de la future conférence des Nations-Unies sur la lutte contre le changement climatique (COP 21). Plusieurs personnalités sont officiellement en charge du suivi de ce dossier, dont les ministres Laurent Fabius, Pascal Canfin, Philippe Martin, l’ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique Jacques Lapouge, et Nicolas Hulot, nommé “envoyé spécial” de François Hollande le 23 janvier dernier. 

En marge des assemblées générales du Fonds monétaire international, de la Banque Mondiale, et du G20 des ministres des Finances qui se sont tenus cette semaine à Washington D.C., Pascal Canfin a présenté les priorités de la France d’ici la conférence de 2015. Lors d’une rencontre à la Brookings Institution intitulée “The Road to a new global climate change agreement: challenges and opportunities“, M. Canfin a déclaré que le gouvernement français cherche, après l’échec de la conférence de Copenhague en 2009, l’engagement de l’ensemble des pays sur le changement climatique, pour parvenir à un accord contraignant et adapté aux différentes situations des pays signataires. Avec Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des Finances, Pascal Canfin a aussi échangé avec le directeur de la Banque mondiale Jim Yong Kim, sur l’impératif de la prise en compte de la lutte contre le changement climatique dans les efforts de développement économique.

Pour la première fois, les autorités locales, et plus seulement les Etats, seront invitées à prendre part aux discussions lors de la conférence parisienne. En France, les collectivités territoriales sont en effet aux avant-postes des enjeux environnementaux et elles investissent beaucoup plus que l’Etat dans le développement durable. Aux Etats-Unis, certains États et municipalités sont bien plus impliquées et en avance sur ces enjeux qu’au niveau fédéral.

Les participants à la table ronde de la Brookings ont souligné que “l’attitude des Etats-Unis et celle de la Chine seront déterminantes dans le déverrouillage des processus.” Si les think-tanks, progressistes comme conservateurs, se sont emparés de cette question climatique, ce n’est pas complètement le cas pour le monde politique américain. Barack Obama a donné une nouvelle impulsion en juin dernier en s’engageant à passer outre le blocage du Congrès, en utilisant un mémo exécutif afin de réduire les émissions de gaz carbonique. Mais force est de constater que le débat américain sur les enjeux environnementaux reste limité. Les pressions politiques se concentrent principalement sur le projet du pipeline Keystone qui relierait le Canada aux raffineries du Texas.

Premier grand déplacement à l’étranger pour Nicolas Hulot

“Si la conférence avait lieu aujourd’hui, ce serait un échec. Nous avons deux ans pour être prêts. Nous ne sommes ni optimistes ni pessimistes, simplement déterminés” a déclaré Nicolas Hulot lors d’une conférence de presse à l’issue de trois jours de visites à Washington D.C. Il a notamment rencontré des élus démocrates et républicains, des représentants d’ONG, des acteurs du monde économique.

A la Maison Blanche, il s’est entretenu avec Heather Zichal, conseillère pour l’énergie et le changement climatique ainsi qu’avec des membres du Council on Environment Quality (CEQ). M. Hulot sera ensuite au Colorado pour visiter des firmes spécialisées dans les technologies vertes. A Aspen, il visitera le Rocky Mountain Institute et s’entretiendra avec son directeur scientifique Amory Lovins, spécialiste des questions d’énergie. M. Hulot se rendra enfin à San Francisco, où il devrait s’entretenir avec l’ancien vice-président Al Gore.

Prise de conscience internationale

Pascal Canfin et Nicolas Hulot ont tous deux souligné que l’impact du changement climatique sur l’économie, au niveau des coûts comme des débouchées, a fait évoluer les mentalités, donnant une nouvelle impulsion aux discussions multilatérales. M. Hulot a déclaré que “les climato-sceptiques sont de moins en moins nombreux”. Preuve du changement d’attitude, la publication du 5e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) le 27 septembre dernier n’a pas donné lieu aux multiples attaques d’opposants et a été accueilli avec “beaucoup de responsabilité”. Les experts du GIEC ont souligné qu’en l’absence d’une mobilisation mondiale, la température moyenne à la surface du globe pourrait encore augmenter de près de 5 degrés d’ici à la fin du siècle.

Avant Paris en 2015, les prochaines conférences des Nations Unies sur la lutte contre le changement climatique (COP 19 et 20) se tiendront en novembre à Varsovie puis en 2014 à Lima. 

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