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Pascal Chaumeil importe l’humour à l’américaine dans L’Arnacœur

Méconnu du grand public, Pascal Chaumeil a connu un gros succès en France avec son premier long métrage, L’Arnacœur. Sa comédie sort le 10 septembre aux États-Unis. Entretien avec un réalisateur, fin connaisseur de la culture des séries TV américaines, blagueur et simple…

Vous avez réalisé des publicités et des séries télé : comment percevez-vous le cinéma et les séries américaines ?

Il y a eu des avancées vraiment intéressantes concernant les séries télé américaines. J’en regarde beaucoup et je m’en inspire. Je pense qu’il y a un art de l’ellipse et de la narration dans les  très bonnes séries américaines  qui influence le cinéma de manière générale. Même les films d’action et les blockbusters américains de ces dernières années ont été influencés par des sériea comme  24h Chrono par exemple.

Comment vous êtes-vous servi de cette culture pour votre film ?

En tant que réalisateur, la pratique des séries télé apprend un certain nombre de choses. Dans les séries, on mène de front plusieurs histoires, on mélange des intrigues. On ne peut pas alterner sans arrêt, il faut quitter une histoire à un moment fort. On se rend compte qu’il faut toujours pousser les scènes à un certain niveau plutôt que de les abandonner mollement. Il faut donner de l’énergie aux morceaux d’une histoire. C’est la pratique de la réalisation et du montage des séries télé qui permet de prendre conscience de cela.

Quel effet avez-vous recherché dans L’Arnacœur?

Quand je vais au cinéma, j’aime bien sentir une tension même dans une comédie. Chaque fin de scène nous promet quelque chose et on essaye de tenir les spectateurs en haleine. On peut jouer sur des attentes et essayer après de surprendre les spectateurs.

Dans L’Arnacœur, on retrouve beaucoup de scènes de cascades qui font penser à un film d’action… Pourquoi ?

Le cinéma des années 60-70 mélangeait la romance, la comédie et l’aventure visuelle, avec notamment les films de Philippe de Broca avec Jean-Paul Belmondo dans L’homme de Rio. Le cinéma français n’utilise plus ce style contrairement au cinéma américain. Quand on m’a proposé le scénario, j’ai trouvé des éléments qui me plaisaient vraiment et qui me permettaient de mélanger les genres, d’apporter au film de l’émotion, des moments drôles et un peu d’action, de suspense et de spectacle. C’est assez rare au cinéma de pouvoir aller dans des directions différentes tout en gardant une vraie unité dans un film.

Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir Romain Duris pour votre comédie ?

Je considère Romain Duris comme l’un des meilleurs acteurs de sa génération. Je trouve qu’il a un jeu très naturel, très spontané. Pour le rôle d’Alex dans le film, il fallait un beau garçon avec un physique attractif. Romain a du charme, c’est un acteur très doué qui sait faire beaucoup de choses et qui amène de la sincérité dans tout ce qu’il fait. Au début, Romain Duris avait quelques doutes puis sur le tournage, il était très disponible et spontané. Il aime se mettre en danger et se jette à l’eau.

Vous pensez collaborer avec lui aussi régulièrement que Cédric Klapisch par exemple ?

On a écrit une deuxième comédie avec Laurent Zeitoun et on a proposé le rôle à Romain Duris qui semble intéressé.  Je rêve de continuer à travailler avec lui.

Avant cela il sera également l’acteur principal de votre prochain long-métrage, Vivre c’est mieux que mourir. Pouvez-vous nous parler de ce prochain film et du rôle de Romain Duris ?

C’est une comédie qui raconte l’histoire d’un couple séparé. Lui va faire une grosse bêtise pour reconquérir sa femme et va se retrouver dans une situation très compliquée. Il va se faire passer pour un scénariste et va devoir inventer un scénario devant un producteur de cinéma. Le film mélangera une intrigue assez forte de la vie réelle et des éléments de fiction. C’est une comédie assez loufoque.

Comment avez-vous réussi à convaincre Vanessa Paradis de tourner un film après tant d’années d’absence au cinéma ?

C’est un heureux hasard. Elle a changé d’agent pour Laurent Grégoire, le même agent que moi. Avant même qu’on ait commencé le casting du film, il a fait lire le scénario à Vanessa Paradis pour savoir vers quoi elle voulait se diriger car elle voulait refaire du cinéma. Elle a adoré le scénario et a tout de suite pris le rôle de Juliette. Cette nouvelle a immédiatement permis au film de s’emballer.

Quelles ont été vos influences pour L’Arnacœur ?

Le ton de L’Arnacœur s’inspire de la comédie classique américaine et cette façon d’être toujours un peu léger dans l’émotion. Qu’il y ait de l’émotion et du cœur dans les histoires mais qu’elles soient toujours drôles. Dans le ton, j’admire l’élégance et la légèreté des films de Billy Wilder. L’art de ne jamais tomber dans l’humour épais et lourd. Et sur la manière d’aborder les gags, on peut avoir des influences des films des frères Farrelly  ou des films avec l’acteur américain Ben Stiller. Quand on fait un gag, il faut être capable de le pousser jusqu’au bout, de mettre le paquet. C’est une comédie, les gens ne doivent  pas seulement sourire, ils doivent rire aux éclats.

Le film sort sur les écrans américains le 10 septembre. Quelles sont vos attentes ?

Il ne faut pas avoir de trop grands espoirs car un film en langue étrangère aura forcément moins de succès qu’un film en langue anglaise aux États-Unis. C’est toujours gratifiant de constater qu’un film français peut avoir du succès à l’étranger. J’avais présenté L’Arnacœur au Film Festival de Tribeca à New York et les spectateurs avaient plutôt bien réagi.

Infos pratiques :

L’Arnacœur sort le vendredi 10 septembre 2010 aux États-Unis. Il sera diffusé en français et sous-titré en anglais.
Retrouvez toutes les informations du film sur le site officiel de L’Arnacœur http://www.arnacoeur-lefilm.com/

 

 

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