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Pascal Elbé, auteur d’objets à part

Pascal Elbé n’a jamais attendu qu’on lui propose des rôles sur un plateau. Très tôt, il les a écrits, comme celui qui l’a fait connaître en 2003, dans Père et fils de Michel Boujenah dont il était le coscénariste. Depuis, il enchaîne les comédies ou les polars, le plus souvent dans la peau du type sensible.
Il est à l’affiche de Quelque chose à te dire
, programmé au festival France Cinéma Floride qui démarre ce soir et, en décembre, sera l’invité de In French with English Subtitles, à New York, où il présentera deux films.

« Je me régale ! » Pascal Elbé est au téléphone, pas devant son dessert préféré. Mais il compte bien savourer jusqu’au bout un plaisir qu’il s’est longtemps interdit… A 43 ans, l’acteur-scénariste et désormais réalisateur, est en effet passé pour la première fois derrière la caméra avec Tête de Turc, un polar social. Un passage à l’acte qu’il qualifie d’évident : « J’avais envie de me lancer un défi, d’aller plus loin… De faire mes propres erreurs. » Pour porter son histoire, celle un gamin de banlieue à qui s’offre la promesse d’une nouvelle vie sur fond de faits divers, il a cherché et trouvé un jeune inconnu. « J’avais besoin de fraîcheur, qu’il soit dépassé par les évènements sur le tournage, comme le personnage l’est dans le film… »

La trame lui a permis d’explorer un « vrai univers », d’aller à la rencontre de travailleurs sociaux, du personnel hospitalier, de policiers… un travail de recherche qui convient parfaitement à son goût pour les sujets de fond. « J’adore ça, s’exclame-t-il… Voir comment des pans d’une société fonctionnent. Je ne suis pas nécessairement militant, mais je ne vis pas dans une bulle ». Il ne cache pas qu’il a l’ambition avec son long-métrage actuellement en post-production « de poser des bonnes questions, d’aider à nourrir la réflexion générale ».

Lui qui aime participer à des premiers films pour leur énergie a clairement jeté la sienne dans Tête de Turc – titre provisoire – dont il espère pouvoir présenter un extrait à New York en décembre lors de son passage au festival In French with English Subtitles. Énergie est aussi le terme qu’il utilise pour décrire les États-Unis, un pays qui le fascine et dont il aime le cinéma quand il est signé Francis Ford Coppola ou Martin Scorsese.

Pascal Elbé s’est fait connaître avec des comédies, « un genre difficile à la narration fragile », mais il a décroché son premier grand rôle dans un film noir, Les Mauvais Joueurs (2005, Frédéric Balekdjan). « J’ai la chance de pouvoir passer du polar à la comédie. C’est vrai que, souvent, on me propose des rôles de loosers ou de cocus, s’amuse-t-il. C’est peut-être le hasard. Mais en tout cas c’est plus intéressant. »

L’acteur voué à jouer les héros fragiles précise que c’est le scénario qui dirige ses choix, une inclinaison renforcée peut-être par son propre parcours où l’écriture tient une part déterminante. « Je m’y suis mis par nécessité… Quand je suivais des cours de théâtre, on nous conseillait de ne pas attendre que le téléphone sonne. La plume c’est une facon d’exister, d’avancer vers les autres. Et affronter la feuille blanche m’a donné une discipline de travail complementaire. » Et la reconnaissance : il a été nominé pour le César du Meilleur Jeune Espoir pour sa performance dans Père et fils (2003) dont il a coécrit le scénario avec Michel Boujenah. Ils feront de nouveau équipe deux ans plus tard pour Trois Amis.

Pascal Elbé, qui a fait travailler deux de ses fils sur Tête de Turc – « ma garde rapprochée » -, semble s’être constitué au fil de sa carrière une famille de cinéma, dont on retrouve les membres d’un générique à l’autre. Pascal Elbé avoue d’ailleurs apprécier d’être rappelé par les mêmes réalisateurs, comme ce fut le cas avec Cécile Telerman pour Quelque

chose à te dire
. « Ça prouve qu’on a aimé notre travail. Et puis des automatismes se créent. » Une zone de confort qui n’est surtout pas une garantie de succès. « On peut toujours passer à côté d’un rôle. Un film c’est quand même un objet à part. »

Infos pratiques

– Comme les autres de Vincent Garenq avec Pascal Elbé et Lambert Wilson sera diffusé dimanche 29 novembre sur TV5 Monde.

Festival Cinema Floride
Miami les 6, 7 et 8 novembre
– le 7 à 17 h 50 : Quelque chose à te dire (2009), de Cécile Telerman avec Pascal Elbé et Charlotte Rampling
Boca Raton les 13, 14 et 15 novembre
– le 13 à 19 heures : Quelque chose à te dire
(2009), de Cécile Telerman avec Pascal Elbé et Charlotte Rampling
Renseignements et réservations
www.francecinemafloride.com

In French with English Subtitles
New York les 4, 5 et 6 décembre
– le 5 à 17 heures : Romaine par moins trente, avec Sandrine Kimberlain et Pascal Elbé
– le 6 à 19 h 30 : Quelque chose à te dire (2009), de Cécile Telerman

avec Pascal Elbé et Charlotte Rampling

Renseignements et réservations

www.Infrenchwithenglishsubtitles.org
www.fiaf.org



Quelque chose à te dire – Bande-annonce
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