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Pascal Le Deunff quitte le consulat d’Atlanta

Pascal Le Deunff quittera ses fonctions de consul général de France à Atlanta lundi 13 août. Il rejoindra le ministère des Affaires étrangères à Paris, où il occupera le poste de sous-directeur des échanges scientifiques et de la recherche. Pascal Le Deunff a d’abord épaulé le consul de San Francisco en tant qu’attaché avant de succéder à Philippe Ardanaz au poste de consul à Atlanta, en septembre 2009. Il sera remplacé par l’ancien consul de France à Naples, Denis Barbet. Entretien-bilan.

France-Amérique : pourquoi avoir choisi Atlanta pour votre premier poste de “numéro 1” ?

Pascal Le Deunff : J’avais envie d’une nouvelle expérience américaine après San Francisco et la côte Ouest. Je souhaitais également occuper la fonction de consul général. En 2009, mon affectation au poste de consul à Atlanta m’a permis de marier ces deux ambitions.

Votre principale préoccupation à l’époque concernait la sécurité des Francais. Qu’avez-vous fait pour l’améliorer ?

La première préoccupation d’un consul est la sécurité des citoyens français et donc la préparation à l’éventualité d’une catastrophe. Nous avons refondu complètement le plan de sécurité en divisant l’ensemble de la communauté française connue de ce consulat en zones géographiques qui correspondent aux zip codes américains. Ceci pour faciliter la coopération avec les autorités américaines en cas de catastrophe. Nous avons aussi affecté pour chaque zone un interlocuteur français. Nous les avons fait se rencontrer avec les autorités américaines, comme celles de l’aéroport d’Atlanta (le plus grand aéroport du monde par son trafic, ndlr) qui leur ont expliqué le système de gestion de crise et donné des contacts à joindre en cas de catastrophe impliquant des avions.

Votre deuxième préoccupation allait à l’économie. Comment la région d’Atlanta a-t-elle fait face à la crise ?

Entre 2009 et 2012, la situation a été dure pour cette région des Etats-Unis qui sort peut-être plus difficilement de la crise économique que les autres. Ceci en partie car la bulle immobilière qui a touché Atlanta et les autres villes du sud-est américain était très importante. Cette bulle est aujourd’hui crevée mais elle continue de tirer vers le bas la croissance. Les milieux d’affaires nous disent que l’on est sorti de la récession mais la situation économique n’est pas mirobolante. Nos entreprises continuent cependant de s’intéresser à cette région, qui reste un marché très important avec des opportunités d’affaires évidentes : les coûts d’installation, d’opération et d’investissements par exemple sont plus faibles que sur la côte Ouest ou le nord-est des Etats-Unis. Une partie de mon travail a été d’attirer l’attention des entreprises sur cette région. Et comme vous le savez, EADS vient d’annoncer un nouvel investissement très important à Mobil, en Alabama. J’espère que cela attirera l’attention d’un grand nombre d’entreprises françaises sur les atouts de cette région.

A la veille de votre départ, comment résumeriez-vous le bilan de votre mission ?

Mon équipe et moi avons réussi un certain nombre d’opérations comme le projet France-Atlanta qui est devenu un rendez-vous annuel. Ce projet a permis des créations d’entreprises qui s’appuient sur des recherches scientifiques conjointes entre Francais et Américains dans les domaines scientifique, économique, culturel et humanitaire. Cette opération inspire d’autres initiatives. Je viens ainsi d’apprendre qu’Africa-Atlanta, une opération visant à resserrer les liens entre le continent africain et Atlanta inspirée de ce modèle, verra le jour en 2014.

J’ai aussi renouvelé et rajeuni le réseau des consuls honoraires qui a doublé dans la région, passant de quatre à huit en trois ans. Ces bénévoles servent de relais à l’administration française dans des endroits où elle n’est pas directement présente par le biais d’un consulat. C’est extrêmement précieux pour dialoguer avec la communauté française dans cette grande circonscription de six Etats. Nous avons complété le Mississippi, la côte de Géorgie avec Savannah, créé deux agences consulaires à Greenville en Caroline du Sud et Charleston, ainsi qu’à Raleigh. Enfin, j’ai fait renouveler tout le dispositif de sécurité.

Avez-vous eu à traiter des dossiers “chauds” pendant votre mandat ?

De mémoire, l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll a été le moment le plus tendu. Elle nous a sûrement moins atteint qu’à New York ou Boston mais il a quand même fallu être très présent durant cette période pour les Français bloqués ici. Il a fallu trouver des solutions tout de suite pour ceux qui devaient absolument rentrer.

Qu’en est-il de l’état de la recherche dans la région d’Atlanta ?

C’est une région qui intéresse de plus en plus les entreprises, les chercheurs, les scientifiques et les étudiants français. En 2011, le premier campus d’une école de commerce française, la SKEMA, a vu le jour aux Etats-Unis en plein coeur du triangle de la recherche à Raleigh, en Caroline du Nord. Quatre cent étudiants français viennent y passer un semestre chaque année. Cela donne une idée du genre de projets qui se montent actuellement dans la région.

Quel projet aviez-vous à cœur de réaliser et que vous n’avez pas vu aboutir ?

Le projet de l’institut Lafayette à Metz. C’est un projet crucial entre le monde de la recherche et le monde industriel franco-americain, dans le domaine de l’autoélectronique. Sur la base des recherches franco-américaines menées au sein de Georgia Tech à Atlanta et à Georgia Tech en Lorraine, nous allons créer des enterprises de haute-technologie en France, dans une région qui a connu de grandes difficultés. Je suis particulièrement fier de ce projet qui a été signé en 2010 et qui doit aboutir en 2013.

Vous aviez étudié la possibilité de créer une structure d’enseignement préparant au baccalauréat français au sein d’un établissement public américain à Atlanta. Cette idée a-t-elle vu le jour ?

J’ai beaucoup travaillé sur cette question pour Atlanta mais aussi à Raleigh, où le besoin d’enseignement est très présent en raison de l’augmentation de la population française locale. J’ai créé un groupe de travail en 2009 et 2010, qui a degagé trois pistes : renforcer la section française de l’Atlanta International School, la seule grande école internationale de la région dont la section primaire est déjà homologuée par la France. Le processus d’homologation du niveau collège est en cours, grâce notament aux efforts des parents d’élèves. Mais cela prend du temps. La deuxième idée était la création d’une Charter School. Malheureusement, ce projet n’a pas abouti pour des raisons de contraintes financières.

La troisième voie était de soutenir une école privée en formation en 2009, la Da Vinci International School qui comptait en 2009 une trentaine d’élèves et qui en compte aujourd’hui plus de cent. Un noyau de parents d’élèves francophones poursuit l’objectif d’étendre les classes de la maternelle à l’école primaire et au-delà afin de créer une école bilingue franco-américaine. C’est un projet que je soutiens. Une première demande d’homologation a été déposée par cette école en novembre dernier. J’ai bon espoir que cette demande aboutisse dans les mois qui viennent.

Un mot sur votre successeur, Denis Barbet ?

M. Barbet était consul général de France à Naples jusqu’à présent. Il est arrivé mardi soir à Atlanta et il prend ses marques à Atlanta dont il découvre la région et le beau climat. Je vais faciliter au maximum sa prise de fonction et lui souhaite beaucoup de succès et de bonheur à venir.

Que souhaiteriez-vous dire à la communaute francaise d’Atlanta ?

Je salue toute la communauté française du sud-est américain que j’ai eu l’honneur et le privilège de servir pendant trois ans. Je sais que le consulat d’Atlanta fait tout pour la servir dans les meilleures conditions possibles et continuera de le faire avec une équipe remarquable dont le noyau reste présent. Merci !

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