Subscribe

Père Siffert, l’âme des Français de San Francisco

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les Français de San Francisco, Etienne Siffert le sait. L’ancien curé de l’église française de la ville se passionne aujourd’hui pour la généalogie de la communauté française et est incollable sur les différentes migrations des Hexagonaux à San Francisco.

“J’ai ai eu le temps de m’organiser en 36 ans” avoue en toute modestie le Père Siffert. Quand un Français lui pose une question de généalogie, l’ancien curé de l’église française  Notre Dame des Victoires n’a pas besoin de beaucoup de temps pour retrouver les informations nécessaires dans ses  registres. Quand il ne connaît pas la réponse de mémoire. Pourtant, ces documents officiels auraient pu disparaître en 1906 lors du tremblement de terre qui provoqua Le grand incendie de San Francisco. “Les curés américains ont sauvé les objets de valeur comme des calices en or. Mais à l’église française, ce sont les registres depuis 1856 qui ont été préservés des flammes. Nous sommes l’église de San Francisco avec les plus vieux registres”. Cette mine d’or, pourtant, ne serait rien sans une connaissance approfondie des vagues d’immigrations françaises. Heureusement pour les expatriés à la recherche de leurs ancêtres, le Père Siffert a étudié l’histoire de la communauté française dès son arrivée aux Etats-Unis, en 1975. Il se préparait alors à devenir le curé de l’église Notre Dame des Victoires. “C’était une nécessité pour exercer mon ministère d’ouvrir les registres de baptêmes et de mariages.”

De l’exil politique à la finance

Le Père Siffert a ainsi découvert que depuis 1900, de nombreux Français se sont installés dans la baie de San Francisco à la recherche d’argent et de travail. “Sauf qu’à l’époque, ce n’était pas dans l’informatique mais pour les terres et le bétail qu’il y avait ici. La plupart du temps, ces Français venaient de régions rurales pauvres. Ils avaient une famille nombreuse et envoyaient une grande partie de leur salaire en France. Ils étaient jardiniers, bergers”. Ainsi se sou- vient le Père Siffert, 300 personnes du village d’Arette dans les Pyrénées se sont installées dans la région de San Francisco au début du XXe siècle. De très nombreux Béarnais ont également tenté l’aventure américaine au début du siècle. Certains ont créé les fameuses “French laundry”, d’autres vendaient des chapeaux et d’autres enfin travaillaient dans la restauration. Mais avant même l’arrivée des Pyrénéens, les premiers à avoir traversé l’Atlantique ont été les Lorrains. Un exil dû à l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine par l’Allemagne en 1871. “Ils ne voulaient pas être Allemands, alors ils sont venus ici.” Aujourd’hui encore existe à San Francisco l’association La Gauloise, fondée à l’époque par ces irréductibles Lorrains.

Une figure emblématique

Au-delà des recherches généalogiques, le Père Siffert, 81 ans, est encore très actif au sein de la communauté française de San Francisco, même s’il n’est plus le curé de l’église française. C’est à lui que l’on doit la création des bourses scolaires pour les enfants de l’école élémentaire catholique Notre Dame des Victoires. Chaque année, grâce à des dons, le Père Siffert collecte plus de 100 000 dollars. “Maintenant l’État ne nous aide plus. Avant la France nous donnait 200 dollars, mais ça s’est arrêté lorsque François Mitterrand est venu au pouvoir. En même temps, une si petite somme à partager entre 300 élèves…”. Aujourd’hui encore, il est très occupé entre baptêmes, mariages et enter-rements.  “C’est comme si j’avais une petite ville de 30 000 habitants à ma charge”. Le Père Siffert se rend régulièrement aux différentes réunions organisées par les associations. Il assistait encore cette semaine à un repas de l’association Les Chasseurs, où se sont réunis plus de 200 Basques. “San Francisco a une communauté française. C’est l’histoire qui le dit”.

  • Bonjour et belle année 2018 ! Je cherche des renseignements sur mon bisaïeul, Simon Brunet, qui a été fait citoyen américain en juillet 1872 à San Francisco. Je cherche plutôt des renseignements antérieurs à cette date puisqu’il s’est marié en France 3 ans plus tard.

  • Leave a Reply

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    Related