Subscribe

Philippe Auguin, chef d’orchestre “cosmopolite”, entre Washington et Nice

Philippe Auguin, qui vient d’être nommé quasi-simultanément directeur musical des opéras de Washington et de Nice, se considère comme un chef “cosmopolite”, qui a écumé les orchestres du monde entier.

“Ce qui m’intéresse, c’est d’avoir toujours de nouveaux horizons”, explique à l’AFP ce Niçois de 49 ans, qui a pris les rênes de l’orchestre du Washington National Opera (WMO) début octobre, moins d’un mois après avoir été chargé des mêmes fonctions dans sa ville natale. Né le 19 février 1961, Philippe Auguin se passionne très jeune pour les compositeurs autrichiens Alban Berg, Arnold Schönberg et Anton Webern. Il part tout naturellement étudier la musique à Vienne, puis à Florence.
“Tout me poussait à sortir de France”, observe ce quadrilingue (français, anglais, allemand, italien), qui a dirigé son premier orchestre, le Symphonique de Vienne, en 1989. “Je me considère cosmopolite”, ajoute le nouveau directeur musical, qui a dirigé au cours de sa carrière de prestigieux orchestres comme celui du Met à New York, la Scala à Milan, Covent Garden à Londres, le Deutsche Oper à Berlin, ou encore le Philharmonique de Vienne et l’Orchestre national de France.
Les frontières, nationales ou musicales, n’ont pour lui pas de sens. “Je n’avais pas 30 ans qu’on me faisait diriger Wagner en Allemagne et Verdi en Italie”, raconte-t-il.
Deux décennies plus tard, il vient d’avoir droit à une ovation dans la capitale américaine en dirigeant “Salomé” de Richard Strauss quelques jours après sa nomination. Barbe blanche et yeux azur, Philippe Auguin n’était pas un inconnu à Washington, où il a fait ses débuts en novembre 2009 en dirigeant un “Crépuscule des Dieux” de Wagner déjà très bien accueilli.
Le musicien assure qu’il n’aura aucun mal à concilier ses fonctions à Washington et à Nice, tout en acceptant des invitations ponctuelles en dehors de ces deux maisons dont il a prévu de diriger lui-même les orchestres une vingtaine de fois par saison. “J’ai déjà des dates avec Vienne jusqu’en 2013”, dit-il. Etre directeur musical n’implique “pas d’obligation de présence”, relève-t-il. “Je peux m’occuper de Nice à distance grâce à l’excellente équipe qu’il y a sur place”.

Philippe Auguin, qui vit à New York depuis trois ans mais prévoit de s’installer à Washington, travaille de la même façon avec les différents orchestres et ne détecte aucun “prétendu caractère national” d’un pays à l’autre, même si “la pression sur les musiciens est très différente”.
“A Vienne, les musiciens sont des héros nationaux”, observe-t-il. “Ils ont une compréhension culturelle de Beethoven et comprennent tout de suite ce que le chef d’orchestre attend”.
Mais le statut social des musiciens influence aussi leur travail. En Europe, où les musiciens sont mieux protégés, “il est difficile d’avoir tous les jours un sentiment d’urgence”, constate M. Auguin. “Il y a des endroits où on ne peut jamais commencer les répétitions à l’heure”.
Par contraste, aux Etats-Unis, où la survie des orchestres dépend de l’argent privé, les musiciens “savent que la qualité de chaque spectacle est intimement liée à leur survie économique”. Les cordons de la bourse sont serrés, il y a peu de répétitions, et les musiciens “tendent à s’autogérer entre collègues”.
Philippe Auguin arrive à Washington en pleine période de changements: le ténor espagnol Placido Domingo, directeur général de l’opéra depuis 2003, a fait savoir qu’il quitterait l’établissement en juin prochain.

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related