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Philippe Auguin, la baguette magique de Washington

Seul Français directeur musical d’opéra aux Etats-Unis, Philippe Auguin fait sonner l’orchestre de Washington comme jamais.

Philippe Auguin a dirigé un Crépuscule des dieux tellement lumineux en 2009, à Washington, qu’il a apporté avec lui la renaissance de l’Opéra. L’interprétation de ce monument wagnérien d’une complexité extrême ayant convaincu la direction et les critiques, qui estiment que « l’orchestre n’a jamais aussi bien sonné », le chef d’orchestre de 50 ans s’est vu proposer la direction musicale de l’Opéra de Washington l’année suivante. Un poste extrêmement prestigieux qui n’avait encore jamais été proposé à un chef français aux Etats-Unis.

Dès la première répétition, le chef et l’orchestre étaient au diapason. « On a eu l’impression réciproque que l’on s’était trouvés », explique-t-il, en insistant sur le terme « réciproque ». Et Maestro Auguin de se lancer dans une explication aussi détaillée que passionnée de son métier : « J’observe l’orchestre avec mes oreilles, et je réagis à ce qu’il joue ». Le Niçois d’origine parle avec les mains, tout en se retournant régulièrement pour voir si son emphase ne choque pas les autres clients du lobby du grand hôtel de New York, où il sirote un chocolat chaud.

Philippe Auguin se compare à un jongleur d’assiettes : « Il faut que le public ait l’impression que les assiettes ne bougent pas, alors que j’ajuste constamment les instruments les uns par rapport aux autres. Il ne doit pas non plus percevoir la difficulté. On ne va pas à l’opéra pour se dire ‘ils ont bien sué ce soir’, s’amuse-t-il. Et il ne faut surtout pas que les assiettes tombent ! »

Volontarisme

L’Opéra National de Washington (WNO) et le Kennedy Center, le plus grand centre culturel des Etats-Unis avec quatre salles de spectacle, ont fusionné le 1er juillet. Philippe Auguin estime que c’est une très bonne chose. « Cela donne plus de stabilité à la compagnie d’opéra. Jusqu’au 1er juillet, l’opéra louait les moyens qui lui permettaient d’exister, de la fosse d’orchestre au rideau en passant par les loges ».

Si le WNO a connu quelques difficultés financières, il n’a « jamais vécu au-dessus de ses moyens », estime le chef d’orchestre. « Aux Etats-Unis où les finances dépendent du secteur privé et de la billetterie », l’opéra subit les crises financières comme les autres secteurs de l’économie. « La direction avait bien anticipé la crise en réduisant le nombre de premières et en diminuant progressivement le nombre de titres. »

Mais la direction a dorénavant de « vrais grands projets artistiques pour montrer que notre opéra est en pleine santé ». Projets sur lesquels il ne peut malheureusement pas s’étendre. Mais son volontarisme attire déjà les investisseurs.

Plus d’informations :

Le site de Philippe Auguin ici

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