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Philippe Cousteau compte sur la future génération pour tirer les leçons de la marée noire

Le désastre environnemental provoqué par la marée noire dans le golfe du Mexique pourrait favoriser une meilleure prise de conscience des dangers liés à la dépendance au pétrole, estime Philippe Cousteau, petit fils de l’explorateur français Jacques-Yves Cousteau.

“Quel héritage tire-t-on de la marée noire ? J’espère que cela nous rappelle le véritable coût de notre dépendance aux énergies fossiles”, déclare dans un entretien à l’AFP ce jeune homme de 30 ans. “J’espère que cela va favoriser le débat et nous faire réaliser qu’il faut sortir des énergies fossiles et qu’il existe des alternatives. J’espère que cela va nous rappeler que nous devons repenser notre manière d’exploiter nos océans”.

Le petit-fils du célèbre commandant au bonnet rouge, qui dirige l’association environnementale EarthEcho International et dirige la section maritime de la chaîne câblée américaine Planet Green, prend toutefois garde de voir un “côté positif” dans la pire catastrophe écologique de l’histoire des Etats-Unis. “Je ne peux parler d’un côté positif quand les gens souffrent tellement. C’est un rappel brutal des problèmes et j’espère que nous pourrons tirer profit de ce désastre pour faire face à ces questions et investir dans la science”, dit-il. “On dépense des milliers de fois plus d’argent dans l’exploration spatiale que dans l’exploration des océans. Qu’il y ait de l’eau sur Mars n’est pas déterminant pour notre avenir, alors qu’avoir des océans en bonne santé l’est”.

“J’ai l’espoir que la future génération aura une vraie prise de conscience et comprendra que notre manière de vivre n’est pas durable.” Sans être scientifique, l’héritier de la dynastie Cousteau considère son travail comme celui d’un pédagogue devant enseigner au public l’importance de l’environnement, en particulier les océans. Il poursuit ainsi à sa manière l’oeuvre de son grand-père, qui parcoura les mers à bord du fameux navire La Calypso, et de son père Philippe, océanographe décédé en 1979 d’un accident d’hydravion. 
Après l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon, et le début de la marée noire qui a suivi, le jeune Cousteau a littéralement plongé dans les eaux souillées par le pétrole. “J’ai pris un sac et une caméra et suis descendu. Il fallait montrer ça. Je pense que (mon père et mon grand-père) auraient fait la même chose”. Ses images ont fait le tour des Etats-Unis, les chaînes CNN et ABC les diffusant notamment. “Ce qui me faisait peur, c’était (d’ignorer) ce qui se passait sous la surface. Personne n’avait plongé et filmé dans une marée noire”.Lors de cette plongée hors norme, il dit avoir vu “nos pires peurs en vrai”, tels les “gros nuages de soupe toxique” engendrés par le mélange de pétrole et de produits dispersants.

Durant cette plongée, qui a nécessité des semaines de préparation, Philippe Cousteau et son équipe portaient des combinaisons de plongées protégeant des produits chimiques ainsi que de lourds casques pesant une quinzaine de kilos. Au cours de sa douzaine de voyage dans le golfe du Mexique, le petit-fils du commandant Cousteau dit avoir retrouvé moult poissons et méduses morts. Ce qu’il a vu, souligne-t-il, constitue une catastrophe pour la nature dans son ensemble et nécessitera des années de nettoyage, même si le géant britannique BP parvient à stopper la fuite de brut une fois pour toute avec le super-entonnoir déposé jeudi.

“Tout le monde croise les doigts. La fin est loin d’être proche”.

 

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