Subscribe

Philippe Lechien stylise le métro new-yorkais

Si vous empruntez les rames du métro new-yorkais, vous avez peut-être remarqué une illustration aux perspectives vertigineuses signée Philippe Lechien. Dans le cadre de son action de soutien aux artistes, la MTA expose une de ses œuvres, Subway, qui met en scène ses wagons dans un New York fantasmagorique. Portrait atypique de ce passionné de jazz qui redessine la ville en mouvement…

Le coup de griffe de Philippe Lechien, un illustrateur parisien ayant vécu à Manhattan lui vaut les honneurs de la cimaise sur les lignes 4, 5 et 6 du métro new-yorkais. L’artiste que rien ne prédisposait au monde de l’art publie aujourd’hui ses œuvres dans Vogue, The Wall Street Journal, et dans la presse culturelle française. « Mon itinéraire est assez éclectique », prévient-il. Du CAP de menuiserie au métier de psychologue, son parcours est, à son image, une quête de liberté… « Je m’inspire principalement de mes voyages, de la vie urbaine au quotidien et des hommes qui la font », confie-t-il. Attiré par le Bronx et le jazz, il traverse l’Atlantique en 1994. « Je suis arrivé à New York sans papiers, dans une espèce de candeur », se souvient l’artiste. Il s’installe sur Stanton street, dans le Lower East Side et se pose en observateur. « Je me sens plus proche des photographes-reporters », explique-t-il. Héritier du journalisme Gonzo ? « À la limite, mais en moins suicidaire », ajoute-t-il.

New York effervescente

C’est surtout le dynamisme de la ville qui l’attire, le mouvement perpétuel de la Big Apple. Les taxis, le métro, la foule… « J’étais fasciné par l’énergie virevoltante du quartier et par la communauté des Latinos », reconnaît-il. En bon photographe, son œil s’attarde sur les détails, comme les “Fire Escape”, ces escaliers de secours en métal si typiques de New York. « Ces escaliers ne s’arrêtent pas à l’affiche sur papier glacée de West Side Story. Ils conduisent en des lieux de vie secrets que beaucoup de New-Yorkais ignorent », livre-t-il. Un univers populaire dont s’inspire l’artiste. « Ce sont les chiens, les chats, les gamins qui jouent, le linge qui sèche…», révèle t-il. C’est aussi le point de départ de Subway, un dessin stylisé où les rails du métro jaillissent de l’architecture des “Fire Escapes” pour se frayer un chemin aérien entre les fenêtres des habitants.

Un choc graphique

« J’aime jouer avec le vide, les architectures, la transgression des genres », souligne-t-il. L’univers de Philippe Lechien est chaotique et joyeux, comme le personnage qui peine à définir sa patte. « Je ne suis pas un théoricien, prévient-il. Je suis un bordélique ! » Une tendance que l’on retrouve jusque dans ses illustrations, où se superposent des petites scènes aux couleurs criardes, dans une esthétique proche de la profusion. Ses personnages, des joueurs de jazz band anonymes jusqu’au président Obama, (re)composent un paysage familier, très significatif de notre époque. Philippe Lechien s’intéresse d’ailleurs de près à l’actualité et aux mutations de la société. Sympathisant des thèse écologistes, il salue l’élection de Barack Obama, vécue comme un changement de mentalité libérateur. « Pas besoin d’avoir les cheveux longs pour remettre en cause les modes de production actuels », soupire-t-il. Engagé ? « Engagé sans attachement », corrige-t-il. Sensibles, ses œuvres questionnent la réalité environnante. À l’image de Homeless, un dessin au titre suggestif. « Je suis seulement réceptif à mon environnement », conclut-il d’une voix chaleureuse.

Infos pratiques

http://www.illustrlechien.com/

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related