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Philippe Petit capturé en équilibre

Jusqu’au 16 janvier, la Clic Gallery de New York accueille une exposition sur le funambule français Philippe Petit, mêlant les dessins de l’équilibriste et des photos prises par Victoria Dearing lors de la première série de master class qu’il a donnée cet été à Brooklyn.

C’est dans une galerie française, Clic Gallery, située entre SoHo et NoLiTa à New York que Philippe Petit, le célèbre funambule français et Victoria Dearing, photographe amatrice franco-américaine, ont choisi d’installer pendant plus d’un mois une exposition sur la vie et l’œuvre de l’acrobate. Un événement aussi rare qu’inattendu puisque l’artiste est plutôt du genre discret.

L’histoire de cette exposition commence en 2009, après la sortie du documentaire de James Marsh, Man on Wire, oscarisé à Los Angeles. «  Il fallait absolument que je rencontre cet homme qui avait été capable de marcher sur un fil entre les deux tours du World Trade Center », raconte Victoria. Alors en 2008, à New York, du haut de ses 28 ans à l’époque, elle s’est présentée à lui lors d’une de ses interventions en public pour la promotion du film, avec trois questions. Elle lui demande notamment l’autorisation de le prendre en photo. La réponse est négative, mais la jeune femme ne se démonte pas.

Des photos et des dessins rares

Le hasard les fait se rencontrer une nouvelle fois pour l’anniversaire de Philippe Petit, en août dernier. Victoria apprend que l’équilibriste va donner une série d’ateliers professionnels dans une école d’arts de la scène extrêmes à Williamsburg. Cette fois-ci, il accepte qu’elle le photographie pour garder une trace de sa première expérience en tant que professeur. «  Elle ne pouvait pas vraiment bouger, elle n’avait pas droit à la lumière ou au trépied : je dois dire que c’était pratiquement les pires conditions pour prendre des photos. »

Qu’importe, Victoria sait se faire discrète, presque invisible. « Il était sur le fil, la salle était très sombre et j’étais vraiment loin de lui », raconte-t-elle. Dans les boîtiers de son Leica M6 et de son Widelux F6, s’accumulent des photos inédites, prises sur le vif. « C’est un véritable cadeau qu’il m’a fait et je lui suis très reconnaissante », souligne-t-elle.

D’un côté de la galerie, on retrouve donc 22 de ses photographies retraçant les six journées de masterclass qui ont eu lieu, cet été, au Streb Lab for Action Mechanics (Slam) à Williamsburg. «  J’ai décidé de les développer en noir et blanc parce que je trouve qu’on voit mieux les contrastes, et que cela donne un côté plus dramatique», commente Victoria Dearing. De l’autre, il y a les dessins de l’équilibriste, résident permanent de la cathédrale Saint John the Divine à New York. Une série de neuf croquis, réalisés par Philippe Petit en 1982, après son arrivée aux Etats-Unis. Des illustrations qui représentent les nœuds de corde qu’il utilise lors de ses performances.

Christiane Celle, la fondatrice Clic Gallery originaire de Nice, a monté cette mini rétrospective, consciente que Philippe Petit ne se laisse que très rarement prendre en photo.  Les dessins du funambule y sont également incorporés.  «  Je  trouve que Victoria a réussi à capter le mystère qui entoure Philippe », précise-t-elle. «  La rencontre entre ces deux artistes, ces deux générations est également très intéressante. »

L’exposition, baptisée Line Up : Rigging Knots + Glimpses of a master class a débuté le 1er décembre et sera visible jusqu’au 16 janvier.  Il sera de nouveau possible de voir Philippe Petit sur un fil, lors de prochaines master class qu’il devrait donner en 2011.

Pour en savoir plus :

http://www.clicgallery.com/

A lire:

Dans notre numéro de janvier, retrouvez un portrait complet de Philippe Petit. Il revient sur son exploit du 7 août 1974 à New York, sur son statut de Français mal-aimé dans son pays d’origine, mais également sur ses projets d’ouvrir une école d’art de la scène.

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