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Picasso, ses maîtres et plus de 780.000 fans

L’exposition “Picasso et les maîtres” a fermé lundi soir ses portes au Grand Palais à Paris, avec quelques réussites exceptionnelles à son actif : un chiffre record de plus de 780.000 visiteurs, la consécration d’un vrai succès populaire et l’initiative hors normes d’ouvrir la nuit.

Le succès enregistré se situe “au-delà de nos espérances”, a indiqué lundi soir à l’AFP Thomas Grenon, l’administrateur général de la RMN (Réunion des Musées Nationaux) qui a organisé l’exposition avec les musées du Louvre, Picasso et Orsay.

Les chiffres définitifs ne seront connus que mardi mais une projection permet de penser que les 780.000 visites seront dépassées, “peut-être à 785.000”, a indiqué M. Grenon. 718.000 personnes avaient été comptabilisées jeudi soir et 65.400 de vendredi matin 9h00 à lundi 14h00.

Les deux expositions organisées en parallèle ont attiré 450.000 personnes au musée d’Orsay et, selon une estimation, 300.000 au musée du Louvre. 17.678 billets triples, qui permettaient de voir les trois expositions, ont été vendus.

A titre de comparaison, seule une exposition sur Renoir en 1985 a dépassé ce chiffre au Grand Palais avec 824.000 visiteurs, mais c’était avant l’imposition pour raisons de sécurité de seuils maximum de fréquentation.

L’exposition du Grand Palais, véritable “concentré” de chefs d’oeuvre, présentait du 8 octobre au 2 février Picasso confronté aux grands maîtres qui l’avaient inspiré, avec des toiles de Titien, Velazquez, Goya, Zurbaran, Rembrandt, Poussin, Ingres, Manet, Cézanne ou Van Gogh.

Avant son ouverture, elle faisait déjà figure d’événement par le nombre de chefs d’oeuvre prêtés, dont certains n’étaient jamais sortis du Prado de Madrid, du MoMA de New York ou de la National Gallery de Londres.

Le montant estimé des toiles (2 milliards d’euros), le coût de l’exposition (5 M EUR), le budget assurance (790.000 euros), le bénéfice attendu (1 M EUR) rajoutaient au tourbillon des chiffres.

Ensuite, le succès populaire a été tel qu’il a fallu à chaque instant s’y adapter, en amplifiant les horaires jusqu’à décider d’une ouverture non stop pendant quatre jours et trois nuits, en réimprimant le catalogue, en augmentant le nombre d’ateliers-enfants, etc.

De ce succès, la RMN tire au moins deux enseignements. “Même en période de crise, ou peut-être parce que nous sommes en période de crise, l’art est une valeur-refuge”, affirme M. Grenon.

La personne même de Picasso, l’accrochage qui a été un “véritable résumé d’histoire de l’art” et plus prosaïquement, l’amplitude horaire jamais atteinte à ce degré, “a amené un public nouveau, différent et renouvelé”, dit-il.

Plus de 4.000 enfants de quartiers défavorisés ont été accueillis en atelier. Le taux de “primo-visiteurs” qui viennent pour la première fois à une exposition a été de 55% (contre 20 à 30% d’ordinaire). L’audioguide – en 23 langues – a été pris par un visiteur sur 4 (contre un sur 10 ou 20 d’ordinaire).

Et “les gens étaient ravis”, ajoute le patron de la RMN, s’appuyant sur des questionnaires et les commentaires du livre d’or.

Des comportements que l’on n’imaginait pas se sont faits jour, et donnent d’ores et déjà matière à réflexion pour l’avenir. Les horaires de 6h00 ou 7h00 du matin ont été vite réservés, amenant un public familial. “Jusqu’à présent, on raisonnait en +nocturne+. Ouvrir tôt le matin est aussi un créneau, l’expo avant le bureau ou la sortie familiale à la piscine”, dit-il.

Il est clair “qu’on a repoussé des bornes. On peut attirer dans nos musées des publics différents avec des événements différents, adaptés à chaque exposition”,

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