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Pierre Barrieu, un Français chez les “Yanks”

Son nom ne vous dit peut-être rien mais Pierre Barrieu est, depuis 2008 entraîneur-adjoint de la sélection américaine de football après en avoir été le préparateur physique. Ancien professeur d’EPS, il revient pour France-Amérique sur son parcours.

Pierre Barrieu, comment avez-vous intégré le staff des Yanks (la sélection américaine de football) ?

Après la Coupe du Monde 1998, ayant de la famille aux USA, j’ai décidé de traverser l’Atlantique pour passer un diplôme de préparateur physique. J’ai ensuite été professeur de sport et entraîneur-adjoint de l’équipe universitaire de Virginie. Après 23 matches sans défaite, le sélectionneur de l’équipe des moins de 18 ans des USA, qui était également dans ma faculté, m’a proposé de les accompagner en Irlande du Nord pour un tournoi que les USA ont gagné pour la première fois. Du coup, en 2001, Bruce Arena, sélectionneur des « A », m’a pris pour le dernier match de qualification à la Coupe du Monde. En janvier 2002, j’ai participé à la Gold Cup. On l’a remportée, et du coup, j’ai intégré le staff pour le Mondial en Corée du Sud et au Japon. J’avais carte blanche dans le domaine de la préparation physique. On a atteint les quarts de finale de la compétition puis tout s’est accéléré. Après un passage au New York Red Bull en 2008, je suis revenu au sein de la sélection après la nomination de Bob Bradley, qui est toujours en poste.

Pouvez-vous nous parler de votre quotidien en sélection ?

Nous sommes deux adjoints. On se partage les entraînements avec le sélectionneur. Pour ma part, je mets en place des ateliers spécifiques, je prépare et dirige des séances. J’ai aussi la chance d’être entouré d’une équipe qui s’occupe de la préparation physique. Je suis également en charge de l’étude des adversaires via la vidéo.

Comment les joueurs et les médias ont-ils perçu le fait de voir un Français occuper un poste d’une telle responsabilité?

Aux États-Unis, la nationalité n’a pas d’importance. Tant que l’on travaille et qu’il y a des résultats, tout va bien. Il faut faire ses preuves, prouver que tu mérites de faire ce que tu fais. Lors de la Coupe du monde 2002, j’ai dû me faire accepter des joueurs, et cela est passé par le travail. Depuis trois ans maintenant, l’ensemble des joueurs progresse, c’est donc signe que le travail est bien fait, non ? (sourire)

Y a-t-il des différences entre les méthodes de travail aux Etats-Unis et en Europe ?

La grosse différence, c’est notre stage annuel au mois de janvier, qui dure de 5 à 6 semaines, lors de la trêve du Championnat, alors que les équipes européennes ne font jamais de stage aussi long. On peut donc travailler sur la durée avec une trentaine de joueurs “locaux” et organiser plusieurs matches amicaux. Aucune sélection européenne ne peut se permettre de faire un stage d’une telle durée. C’est un des seuls avantages que l’on a par rapport aux équipes du vieux continent.

Avez-vous pour projet de retourner en France à moyen terme?

J’avais dit avant la dernière coupe du monde que je souhaitais revenir en Europe. Mais le sélectionneur a été reconduit et m’a demandé de rester. J’ai accepté car le projet est très intéressant. Il y a encore beaucoup de choses à faire ici pour développer le football. On est sur la bonne voie. Un retour en France est envisageable, mais on verra ça à la fin de mon contrat (en 2014 ndlr ).

 

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