Subscribe

Pignon sur rue pour Erwin Dazelle

Erwin Dazelle ouvre en novembre une galerie dans le quartier Saint-Germain de Paris. Aux États-Unis, l’artiste travaille notamment pour des organisations viticoles et des évènements officiels prestigieux comme la course automobile d’Indianapolis. Ce jeune Basque pourra désormais exposer ses œuvres sans faire de hiérarchie : les commandes comme celles qu’il fait pour son propre plaisir.

Partir travailler le matin avec la consigne de suivre le cahier des charges, ne pas oublier de démarcher avec son manager de nouveaux clients et leur proposer des projets. C’est un peu le quotidien d’Erwin Dazell, artiste peintre. Ce jeune Français balaie d’un coup les fantasmes à propos de l’artiste maudit. Peintre officiel sur divers événements, ce Béarnais affirme rester indépendant : « Depuis toujours mécènes, hommes politiques, même l’Église, ont passé commande auprès d’artistes. » Les œuvres prescrites sont aujourd’hui des classiques accrochés dans les musées. Erwin Dazelle a trouvé une petite niche pour les siennes. Il s’est spécialisé entre autres dans l’événementiel américain et vit donc à temps partiel en Californie depuis quatre ans. Introduit dans le milieu de la course automobile et des organisations viticoles, il est devenu le peintre français le plus demandé pour créer affiches et programmes. En 2010 il a été élu artiste de l’année par la Paso Robles Wine Country Alliance !

Au même titre que tous ses compagnons de pinceaux, Erwin Dazelle est un artiste, à la différence qu’il doit s’adapter aux exigences de ses clients. Ainsi, les organisateurs d’Indianapolis 500 lui ont commandé un poster annonçant l’événement. Certains éléments doivent obligatoirement y apparaître : la voiture ayant remporté la dernière édition et le public. « Je récupère tous ces thèmes et je les interprète. Mon style me permet ensuite de donner une forme particulière à l’image. » Il faut parfois proposer plusieurs ébauches avant d’arriver au résultat final. « Mais je ne suis pas leur employé pour autant, et encore moins un communiquant, » reprend-il. Il reste avant tout un artiste et ne fait que « vendre sa signature ».

Il a multiplié les accords avec des partenaires aux États-Unis depuis 2006. Son site internet américain est d’ailleurs plus développé que le français. Ce désir de conquête des États-Unis se traduit par la recherche d’une galerie à New York. Mais là s’arrête le côté bohème de l’artiste : « J’aime retourner au Pays Basque. J’ai besoin de cette stabilité géographique. » Bref rien de tel que le bistrot, les copains et les férias.

C’est d’ailleurs principalement dans son atelier de Bayonne qu’il produit ses tableaux. Chaque création nécessite un travail de recherches préalable : « Je ne donne pas une impression sur un sujet si je ne sais pas de quoi je parle. Je suis un filtre par lequel mon style passe pour s’exprimer. » Ainsi, l’artiste crée non pas pour posséder l’œuvre mais pour la rendre vedette. Cette dernière n’est pas destinée à stagner dans une cave. Erwin Dazelle veut que son travail soit vu… et pourquoi pas vendu : « Pourtant je ne fais pas ça pour ma carrière. » Il n’y a pas de projets professionnels, il n’y a qu’un « chemin de vie. Et je pense être sur la bonne voie. »

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related

  • Renoir en grand format à New YorkRenoir en grand format à New York L’exposition «Renoir, Impressionism and full-Length Painting » qui débute à la Frick Collection de New York est l’occasion unique de voir rassemblées neuf pièces majeures du maître […] Posted in Culture
  • ArcimboldoArcimboldo Une exposition au musée du Luxembourg à Paris rend hommage au portraitiste de la Renaissance. À contre-courant de la vie en portion congrue mais dans le sens du retour au bio, […] Posted in Culture