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Polémique: L’exposition Larry Clark censurée par Paris

La mairie de Paris a envoyé jeudi à la presse les photos les plus crues de l’exposition Larry Clark qui doit débuter vendredi au musée d’art moderne (MAM), pour prouver qu’elle n’est pas accessible à tous les public et pour dire qu’elle “assume” son choix de l’interdire aux mineurs.

La mairie réagissait notamment aux critiques d’élus et de médias, comme Libération qui a décidé de publier à la Une de son édition de jeudi une photo extrêmement explicite de Larry Clark en signe de soutien à l’artiste américain.

La ville a joint à son communiqué de presse un fichier contenant 13 photos, les plus crues de l’exposition, où l’on voit des adolescents prendre de la drogue ou avoir des relations sexuelles, alors que ces clichés ne constituent que 10% du total de la rétrospective que l’AFP a pu visiter avant l’ouverture vendredi.

“Dans un dossier publié ce jour, le quotidien Libération dénonce l’attitude de la mairie de Paris relative à l’exposition du photographe Larry Clark, n’hésitant pas à parler de censure, d’hypocrisie, d’ordre moral et même de tartufferie. Dans les faits, parler de censure de l’oeuvre de Larry Clark relève d’un renversement stupéfiant de la vérité”, s’est indignée la ville dans le communiqué.

Faisant le choix “de préserver pour la première fois l’entière liberté de Larry Clark, la Ville en assume la conséquence en interdisant l’accès des mineurs à cette exposition, appliquant en cela les termes du code Pénal, notamment son article 227-241” ajoute la mairie.

Elle reproche à Libération de n’avoir pas “permis à ses lecteurs de mesurer” cette décision car le quotidien a publié “des photos de Larry Clark qui ne font pas partie des plus sensibles. Face à un tel procédé, on peut se demander où sont les Tartuffe”, dit-elle.

Elle qualifie aussi de “gravement inexact d’indiquer que cette interdiction d’accès des mineurs à tout ou partie d’une exposition d’art contemporain serait sans précédent. Car tel fut déjà le choix de la Bibliothèque Nationale de France pour son exposition L’enfer, en janvier 2008, ou La Biennale de Lyon en 2007 pour l’accès à une salle où étaient exposées certaines photos de David Hamilton”.

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