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Portrait d’un peintre scientifique

Astro-physicien américain à la réputation internationale, professeur à l’Université de Berkeley de San Francisco, Maurice Cohen est aussi un artiste reconnu dont on peut découvrir les œuvres kaléidoscopes à la mairie du XVIe arrondissement de Paris, grâce à l’exposition “Expressionisme chaotique” qui lui est consacrée.

Maurice Cohen est un étrange mélange de poésie et de science. Il parle de la théorie du chaos comme d’un immense tableau où les points seraient reliés par un subtil jeu de courbes continues permettant de discerner l’objet sans jamais le définir en détail. “L’univers est non-linéaire et les plus grands problèmes ne peuvent être résolus par un système cartésien“, explique ce scientifique internationalement reconnu, professeur de mathématiques, de médecine et de biotechnologies à l’université de Berkeley et à l’école de médecine de San Francisco. Cet astro-physicien américain, qui, grâce à sa femme française, s’exprime dans un français presque parfait, a cherché et résolu de nombreux problèmes dont celui de Poincaré dans le domaine du chaos.

Pourtant, personne ne soupçonnait que derrière ce chercheur de génie se dissimulait un artiste, passionné par le travail de la couleur et de la matière. “J’ai commencé à peindre en secret il y a trente ans“, raconte-t-il. Vingt ans plus tard, Maurice Cohen commence à montrer ses toiles autour de lui et devant l’enthousiasme de ses proches, finit par les dévoiler au grand public. Depuis, ses œuvres ont été présentées au Carrousel du Louvre, au Grand Palais, à la mairie du Ve arrondissement et, en 2006, Maurice Cohen a été élu membre de la société nationale des Beaux Arts (SNBA) qui lui a remis l’année dernière au Carousel du Louvre le prix d’honneur du Salon.

Maurice Cohen peint comme il cherche, avec beaucoup de rigueur et après avoir réfléchi au plan de son œuvre pendant de longues heures. “Je fais d’abord le tableau dans ma tête“, explique-t-il, “en m’inspirant de la nature, d’objets ou de personnes qui m’ont touchés. En premier lieu, je vois comment les couleurs vont s’agencer et je détermine ensuite mentalement la quantité de peinture que je souhaite utiliser pour chacune“. C’est seulement une fois que Maurice a le canevas à l’esprit qu’il commence à peindre “à plat, pendant 4 ou 5 heures“. À la fin, il pose le tableau sur un chevalet et n’a plus que quelques touches à rajouter. “Certains peintres ne savent jamais si leur tableau est fini et le peaufinent pendant des mois. Moi, je sais déjà ce que je veux peindre avant de commencer donc je sais aussi quand le tableau est achevé.” Cependant, cette manière toute scientifique de créer n’empêche pas Maurice Cohen de jouer avec la matière et les nuances de tons: convaincu que la peinture et la sculpture sont deux arts intimement liés, il “sculpte” ses tableaux en utilisant de larges couteaux pour appliquer des couches plus ou moins épaisses de couleurs.

Maurice Cohen a tenté de transposer sur la toile l’art des verriers Tiffany, Gallé et Daum qui le fascinent. Il traduit ainsi en peinture l’éclat des couleurs changeant avec la lumière du jour. “C’est peu comme si Monet avait peint sa série de cathédrales de Rouen en une seule toile“, explique-t-il. Monet dont Maurice Cohen s’est d’ailleurs inspiré pour réaliser certaines de ses œuvres. “J’ai repris le thème des nymphéas parce que je trouvais que le paysage aquatique était une excellence façon de capturer la dynamique du changement, avec le mouvement de l’eau et des reflets de lumière sur l’étang”. Il associe ainsi avec talent la science et la peinture, créant sur la toile un “espace multidimensionnel” où le spectateur est invité à pénétrer.

Maurice Cohen, “Expressonisme chaotique”
Du 2 au 9 avril 2008
à la mairie du XVIe arrondissement de Paris
71 Avenue Henri Martin

www.mairie16.paris.fr

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