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Pour la première fois depuis 3 ans, la BCE relève son taux directeur à 1,25%

La Banque centrale européenne (BCE) a relevé jeudi son principal taux directeur de 1 à 1,25%, une nouvelle sans surprise pour les économistes et les marchés qui s’attendent à ce que ce mouvement haussier se poursuive dans les mois à venir.

Ce renchérissement du loyer de l’argent est jugé néfaste par mes économistes pour les économies les plus fragiles et endettées de la zone, alors que dans le même temps la Réserve fédérale américaine a décidé de maintenir un taux proche de zéro pour soutenir l’activité et que la Banque d’Angleterre (BoE) a aussi choisi le statu quo jeudi en gardant son taux à 0,5%. Car si le scénario convient parfaitement à l’Allemagne, avec un taux de croissance attendu cette année d’au moins 2,3%, un chômage en recul et une inflation en hausse, jugent-ils, il complique encore la tâche des pays comme l’Irlande, la Grèce ou le Portugal qui a annoncé mercredi soir qu’il allait à son tour faire appel à l’aide européenne.

La hausse avait été largement anticipée depuis que le président de la BCE Jean-Claude Trichet l’avait annoncée comme possible le mois dernier, arguant de la poussée de l’inflation depuis quelques mois en zone euro. En mars, les prix ont augmenté de 2,6% en moyenne dans les 17 pays de la région, dépassant pour la quatrième fois consécutive l’objectif de moyen terme de la BCE d’une inflation proche mais inférieure à 2%.

Cet échauffement est lié avant tout aux prix de l’énergie et des biens alimentaires, qui selon les économistes devraient retrouver des cours plus normaux d’ici la fin de l’année. Mais la BCE craint, elle, qu’il ne se répercute sur le niveau des salaires et crée une spirale incontrôlable. C’est la première fois que la BCE augmente ses taux depuis juillet 2008. Elle avait dû faire machine arrière deux mois plus tard en raison de la faillite de Lehman Brothers et de ses répercussions sur la finance mondiale.

Après plusieurs baisses successives, le taux directeur était fixé à 1% depuis mai 2009, son niveau historiquement le plus bas dont la BCE a jugé qu’il n’était plus approprié, alors que la croissance économique est repartie. La majorité des économistes tablent sur trois hausses dans l’année, qui porteraient son principal taux directeur à 1,75%.

 

 

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