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Pourquoi le tournoi Roland Garros s’appelle-t-il ainsi ?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les internationaux de France de tennis portaient le nom du  pilote d’avion ?

Roland Adrien Georges Garros est né le 6 octobre 1888 à Saint-Denis de la Réunion. Il doit sa postérité à son grade de lieutenant pilote lors de la Première Guerre mondiale ainsi qu’aux nombreux records qu’il effectua sur son Blériot, notamment le record d’altitude réalisé à Houlgate en 1912 (4950 mètres). Beaucoup le reconnaissent comme un pionnier de l’aviation. Mais si son nom perdure, aujourd’hui encore, c’est grâce au tournoi de tennis parisien.

L’histoire du tournoi parisien et de la création de Roland Garros est liée aux Américains. En septembre 1927, les quatre mousquetaires du tennis français (Brugnon, Borotra, Lacoste, Cochet) gagnent la Coupe Davis contre les Américains sur les courts du Germantown Club de Philadelphie. La légende des mousquetaires français est en marche, mais les Américains entendent bien récupérer « leur » coupe.

Pour cette revanche, prévue en France en juillet 1928, il faut un cadre à la mesure de l’événement. Des milliers de spectateurs réclament des places pour assister à la confrontation.

Seulement, Paris ne dispose pas de stade de tennis digne de ce nom. Les championnats internationaux créés en 1925 sous l’impulsion du Stade français, se disputent alternativement sur les courts du Racing Club de France et sur ceux du Stade français, à la Faisanderie. En 1925 déjà, les installations parisiennes sont trop exiguës pour recevoir tous les spectateurs.

Pour la revanche de 1928, il faut donc trouver une solution et il faut faire vite. Un comité est créé grâce au président du Stade français, Émile Lesieur, ancien international de rugby – à l’instar de Jean Gachassin, président actuel de la FFT.

Pierre Gilou, capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis et président du Racing Club de France se joint au comité, tout comme Albert Canet, président de la fédération française de lawn tennis et dirigeant du troisième grand club de la capitale, le Tennis Club de Paris. La ville de Paris n’est pas en marge du projet et décide d’apporter un important concours financier.

Pour faciliter la réalisation du projet, le Stade français cède un terrain de trois hectares situé près de la porte d’Auteuil. Le club ne pose qu’une condition : le stade devra porter le nom de l’un de ses membres, disparu 10 ans plus tôt, cinq semaines avant l’armistice. Cet éminent membre du Stade français n’est autre que Roland Garros, grand ami et condisciple d’HEC d’Émile Lesieur, qui l’avait parrainé lors de son adhésion au Stade français, où il s’était inscrit dans la section rugby.

Et si Roland Garros ne joua jamais au tennis, si ce n’est de très rares fois en amateur, son nom fut choisi pour veiller aux destinées des champions de la petite balle. Et c’est ainsi qu’à la fin de l’été 1928, les mousquetaires remportèrent la Coupe Davis, à domicile, un trophée qui restera en France jusqu’en 1933. Aujourd’hui, un projet de délocalisation du tournoi parisien semble menacer le nom de Roland Garros pour les internationaux de France

(Enquête à lire : Paris bientôt orpheline de Roland Garros. France-Amérique/Mai 2010).

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