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Poutine, botox et larmes ou l’humour grinçant des opposants russes

Pancartes montrant l’homme fort de Russie Vladimir Poutine le visage féminisé par la chirurgie esthétique, slogan moquant sa larme versée après son élection et leaders d’opposition brocardant cette scène: les manifestants à Moscou lundi ont ironisé sur leur président élu.

L’ex-champion du monde d’échecs Garry Kasparov, sous les hourras et les rires d’une foule de milliers d’opposants, n’a pas été tendre avec M. Poutine, qui selon ses détracteurs seraient un adepte des injections de botox. Revenant sur la larme du chef du gouvernement russe la veille devant ses partisans, face au Kremlin, il a lancé : “Ce n’était pas une larme, mais une goutte de botox qui a coulé!”.

Le libéral et ex-vice Premier ministre Boris Nemtsov n’a lui pas fait d’humour sur cette scène qui a fait le tour du monde, alors que Vladimir Poutine a expliqué dimanche que le vent froid l’avait fait pleurer et non l’émotion suscitée par son retour à la présidence. “Hier, le leader a pleuré entouré d’OMON (brigades anti-émeutes), de tchékistes (agents des services spéciaux, ndlr) et de nachistes” (le surnom des jeunesses favorable à Poutine), a-t-il dit.

“Il a gagné et pleure dans une telle foule ! Hier il a prouvé qu’il n’était pas le vrai président sinon il aurait été heureux”, a martelé cet opposant historique du régime, qui a dénoncé comme ses collègues des fraudes massives à la présidentielle remportée par M. Poutine avec environ 64% des voix. Dans la foule, les protestataires apprécient aussi les bons mots. Ainsi, un pancarte proclame “Moscou ne croit pas aux larmes… de crocodile”, en référence au titre d’un célèbre film soviétique de 1980.

Plus loin, un autre dit “T’inquiète Vladimir! ta larme, c’était juste une attaque contre ton botox” et une troisième demande: “L’interdiction des injections de botox dans le cerveau”. Plus sérieusement, des manifestants ne remettent pas en cause l’explication du vent donné par celui qui dirige la Russie avec poigne depuis 2000 et qui cultive une image de dur, se montant régulièrement devant les caméras armes à la main, sur un tatami de judo ou torse nu à cheval dans la taïga.

Pavel Kissiliev, un ingénieur à la retraite, est en effet convaincu que l’ex-agent du KGB est incapable de ressentir une émotion. “C’est un personnage rugueux, fermé, c’est une boîte noire, on ne sait rien de lui pas même ce qui concerne sa famille, ses filles. Il avait 500 personnes pour faire campagne pour lui, mais pas un membre de sa famille, pas même sa femme”, dit-il. M. Poutine garde en effet sa famille de toute apparition publique, arguant de leur sécurité et de leur désir de tranquillité.

Sa relation avec son épouse, Lioudmila, qui n’apparaît que rarement en public, fait l’objet de rumeurs depuis 2008 et la parution dans un journal, contraint à la fermeture peu après, d’un article lui prêtant une relation avec la gymnaste olympique Alina Kabaïeva. Le leader du Front de Gauche, un mouvement communiste, Sergueï Oudaltsov, conclut le débat sur les larmes du dirigeant russe. “Poutine n’a pas pleuré, mais il a compris par contre que le peuple ne lui pardonnera jamais d’avoir violé tout le pays”, a-t-il lancé sous les applaudissements.

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