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Première installation permanente aux Etats-Unis du sculpteur Xavier Veilhan

Début février, la galerie suédoise Andréhn-Schiptjenko a fait dresser une sculpture réalisée par Xavier Veilhan au cœur de Manhattan. Première installation permanente aux Etats-Unis de l’artiste français, Jean-Marc impose sa modernité au milieu des New-Yorkais.

Trônant au coin de la 53e rue et de la Sixième Avenue à New York, Jean-Marc est une sculpture monochrome, d’un bleu électrique qui capte l’énergie de ce lieu de passage si près du célèbre Musée d’art moderne (MoMa). La silhouette aux contours stylisés s’impose dans la ville tant par sa modernité que par son personnage, l’artiste Jean-Marc Bustamante, ami du sculpteur qui a pris la pose. “J’ai fait la statue avant de savoir où elle irait”, rappelle Xavier Veilhan depuis son atelier dans le XXe arrondissement à Paris. “D’ailleurs quand j’ai su où elle serait je n’y croyais pas !”, s’amuse-t-il. “Dès que j’ai vu l’emplacement, j’ai pensé à Jean-Marc : son immobilité tout en se tournant légèrement, son côté romantique, son manteau ouvert… C’est un personnage comme on pourrait en voir à ce coin de rue, attendant un taxi. Un Européen qui serait perdu à New York.”

Peintre, sculpteur, photographe et même réalisateur à l’occasion, Xavier Veilhan, 50 ans, connaît une carrière internationale qui a mené ses travaux à Seoul, Tokyo, Miami, Washington, Turin, Stockholm, Londres ou encore Madrid, entre autres. Mais en France, c’est lors de son exposition au Château de Versailles en 2009 qu’il s’est fait largement connaître du grand public. Le carrosse et ses chevaux violets dans la cour d’honneur ou les statues d’architectes renommés dans les jardins ont marqué les esprits. Pour autant, c’est avant tout de ses amis, ses connaissances “par cercles concentriques” qu’il a l’habitude de tirer le portrait. D’où les titres-prénoms de ses œuvres.

Sa technique : un scanner 3D qui capte en une multitude de points la posture de son modèle. Un rendu ultra précis en somme, dont le Français s’attache ensuite à réduire la définition en quelque sorte. “C’est comme pour un croquis. Quand il n’y a que quelques traits, ils ont intérêt à être bien placés”, compare Xavier Veilhan. “Il faut être fidèle au modèle et laisser place à l’interprétation”, explique celui qui s’imagine croiser quelqu’un dans la rue dont il reconnaîtrait de loin la silhouette, l’attitude. Il emploie cette méthode du scanner depuis près de dix ans et insiste avoir “toujours travaillé avec des techniques liées au numérique”, en glissant au passage des termes tels que “avant-gardisme” ou “rétrofuturisme”. “J’aime combiner high-tech et low-tech, choses nouvelles et éléments déjà éprouvés.”

Jean-Marc, statue réalisée avant commande, a été achetée par l’entreprise immobilière RXR Realty. “Elle est plus tournée vers la rue que vers l’entreprise, ce qui m’intéresse c’est le contexte parce que c’est dans l’interaction avec le public que les choses se passent. L’art n’est que par l’effet qu’il produit”, note posément l’artiste, concentré également sur les notions d’échelles. Grand amateur de New York, qu’il a vue une trentaine de fois, il a aussi une exposition intitulée “Architectones” annoncée en avril à Los Angeles.

 

Jean-Marc, 2012, de Xavier Veilhan (représenté par la galerie Andréhn-Schiptjenko, à Stockholm), au 1330 Avenue of the Americas (53e rue), New York.

Prochaines expositions : “Architectones, Sheats-Goldstein Residence”, à Los Angeles en avril (projet qui a commencé l’été dernier à la VDL de Richard Neutra et à CSH n°21 de Koenig) , “Mobiles” à la Galerie Perrotin, à Hong Kong en mai et en juin “Architectones, Unité dʼhabitation, Cité Radieuse”, à Marseille.

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