Subscribe

Première journée en habits de candidat pour Sarkozy

Nicolas Sarkozy est entré pour de bon en campagne jeudi en effectuant son premier déplacement de candidat à Annecy, l’occasion d’un long bain de foule dans les rues du centre-ville pour le chef de l’Etat, qui a enregistré le ralliement du centriste Hervé Morin.

Au lendemain de sa déclaration officielle sur TF1, Nicolas Sarkozy a confié avoir “hâte de retrouver les Français sans la lourdeur du protocole”. Dès sa première sortie de campagne, sitôt sorti de sa voiture de location (obligations financières de candidat obligent), le chef de l’Etat a été immédiatement avalé par quelques dizaines de partisans et une masse compacte de journalistes qui l’ont rendu invisible ou presque.

“Je suis heureux d’être là, soulagé”, répond le prétendant Sarkozy aux interpellations de la presse, sous les “Nicolas, Nicolas” des sympathisants UMP, avant d’entrer successivement dans une chocolaterie, une poissonnerie ou une librairie sélectionnées par son hôte, le président de l’Assemblée nationale et député UMP de Haute-Savoie, Bernard Accoyer.

Derrière son comptoir, un traiteur lui lance : “Quand vous croiserez M. Hollande (son rival socialiste)”, “vous lui demanderez comment il va réussir à faire campagne avec les 35 heures. On ne va le voir que deux jours par semaine sur le terrain!”. Le président-candidat savoure. “Quand je le verrai, je lui dirai +vous n’allez pas vous en sortir+”, s’amuse-t-il, ravi, “la campagne c’est ça, parler, échanger, et ne pas simplement dire tout le temps du mal des autres”.

Après un rapide déjeuner avec des “personnalités” savoyardes, M. Sarkozy devait visiter une fromagerie avant son premier meeting de candidat, dans la ville de Haute-Savoie, département ancré à droite. “Cette fois, c’est parti”, résume son tout frais directeur de campagne Guillaume Lambert. L’annonce de sa candidature la veille sur TF1 après des semaines de faux suspense, a réuni en moyenne 10,7 millions de téléspectateurs avec une part d’audience de 36,5%, a indiqué la chaîne.

Nicolas Sarkozy a décliné le slogan de sa campagne: “La France forte” et promis qu’un deuxième quinquennat ne serait pas “conforme au premier”. Il s’est également engagé à réhabiliter la valeur “travail”, car “l’assistanat n’a pas sa place”, et a confirmé son intention de consulter les Français sur le “chômage”, son “indemnisation” et la “formation des chômeurs”.

Cette dernière proposition a été accueillie jeudi avec scepticisme par plusieurs journaux, dont les éditorialistes ne se déclaraient pas convaincus par la prestation présidentielle. A 66 jours du premier tour, Nicolas Sarkozy sait qu’il lui faut combler rapidement le retard persistant et important qui est le sien dans les sondages face au candidat socialiste, François Hollande. “On verra d’ici 15 jours à trois semaines ce qu’ils (les Français) auront retenu de cette entrée en campagne, ce qu’on peut améliorer, ce qui a marché”, a indiqué Bruno Lemaire, ministre de l’Agriculture.

Plusieurs ténors de la majorité ont estimé que la campagne démarrait véritablement maintenant. Et l’annonce par le président du Nouveau Centre, Hervé Morin, qu’il renonçait à sa candidature et se ralliait à Nicolas Sarkozy a été saluée à droite, même s’il comptait pour très peu dans les sondages (environ 1%). Cette campagne entre dans une “phase active et importante”, a souligné Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP. Pour Laurent Wauquiez, la déclaration de M. Sarkozy sonne “l’heure de vérité” en obligeant notamment les socialistes à “sortir de l’esquive”.

Face à l’entrée en campagne du chef de l’Etat sortant, les socialistes ont choisi comme angle d’attaque le bilan, “un fiasco”, avait dit la veille François Hollande. “Nicolas Sarkozy veut faire oublier ce qu’il a fait pendant cinq ans. Il voudrait remettre les compteurs à zéro”, “mais quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise, quoi qu’il propose, son bilan lui revient en boomerang”, a déclaré Jean-Marc Ayrault.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related