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Premiers assauts droite-gauche sur un projet de budget 2012 déjà menacé

L’Assemblée connaît mardi ses premières joutes sur le projet de budget 2012, le dernier du quinquennat, alors que le gouvernement laisse augurer de nouvelles mesures d’austérité, sur fond de croissance plus faible que prévu et de menace sur la note souveraine de la France.

A sept mois des élections présidentielle et législatives, la dégradation de la situation économique française, liée notamment à la crise des dettes souveraines en Europe, rajoute aux procès en irresponsabilité budgétaire que se font mutuellement la droite et la gauche. S’il a vanté lundi un budget qui “permette d’atteindre les objectifs” de baisse du déficit mais “ne casse pas les moteurs de la croissance (…) et ne provoque pas des injustices sociales”, François Fillon a prévenu qu’il faudrait “des mesures nouvelles” d’austérité, si la croissance n’atteignait pas au moins 1,5% en 2012. Juste avant le coup d’envoi du débat mardi après-midi, le Premier ministre a tenu à recadrer sa majorité en sommant les députés UMP d’être “exemplaires” et disciplinés.

La France pourrait revoir sa prévision, à moins de 1,5% contre 1,75% actuellement, selon le ministre de l’Economie, François Baroin. Le président PS de la commission des Finances, Jérôme Cahuzac, et le député socialiste Pierre-Alain Muet ont brocardé un “budget en apesanteur”, répondant à une logique “d’austérité massive et aveugle”. “Il y a des mesures à prendre, le gouvernement n’a pas pris les bonnes, il est encore temps qu’il puisse corriger, s’il ne le fait pas, nous le ferons”, a lancé François Hollande, député de Corrèze et désormais candidat du PS à la présidentielle.

L’avertissement de l’agence d’évaluation financière Moody’s sur la note accordée à la dette de la France fait planer une nouvelle menace depuis lundi. L’agence a annoncé qu’elle se donnait trois mois pour déterminer si la perspective “stable” de la note triple A était toujours justifiée, compte tenu de la dégradation de la situation économique. “Les mesures (du budget 2012) sont en total décalage avec une alerte qui me semble sérieuse” de Moody’s, a affirmé M. Cahuzac, ironisant sur le fait que la ministre du Budget, Valérie Pécresse, évoquait récemment un bugdet bâti “pour rassurer les marchés”. Soucieux d’éviter tout vote sur des mesures contraires aux souhaits du gouvernement et qui pourraient du même coup être validées par la majorité de gauche du Sénat, M. Fillon a mis en garde les députés UMP contre toute “surprise” ou “coup politique”.

Il a ainsi prévenu que, malgré la volonté de certains élus UMP, comme Michel Piron, d’en abaisser le seuil, il n’était “pas possible” d’élargir davantage la taxe symbolique et exceptionnelle sur les hauts revenus, déjà objet d’un compromis la semaine dernière. “On ne peut pas être nous-mêmes les artisans de dissensions au sein de notre camp. On est arrivés à un accord, c’est un compromis, il a été accepté par les dirigeants de l’UMP et du Nouveau Centre. On ne peut plus bouger sur ce sujet”, a souligné M. Fillon. En revanche, l’ancien ministre UMP Eric Woerth a estimé qu’il revenait à son camp de montrer l’absence de “crédibilité” du projet socialiste, qui entraînerait “des dizaines et des dizaines de milliards de coût”.

L’UMP ferait “mieux de trouver des milliards pour renflouer les déficits (…) plutôt que d’imaginer ceux qu’on va créer”, a rétorqué par médias interposés M. Hollande. De son côté, l’ex-ministre UMP et député des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian a souligné qu’il n’entendait “rien, ni à gauche ni à droite, à la hauteur de l’enjeu” des déficits.

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