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Premiers films français

Après un démarrage sur les chapeaux de roue, avec la présentation du film d’animation israélien Valse avec Bachir, et, bien sûr, la projection en avant-première mondiale du nouveau volet d’Indiana Jones, le festival de Cannes présente aussi des films francophones très attendus.

Toute la magie de Cannes réside de ce grand écart, entre cinéma expérimental et machine de guerre américaine, entre la première projection en compétition officielle, celle d’un documentaire d’animation sur les massacres de Sabra et Chatila, et la projection ultra-médiatisée d’Indiana Jones et le crâne de Cristal, hors compétition. Les premiers films francophones ont trouvé leur chemin entre les deux, ni cinéma populaire, ni rébarbatif.

Portée par un casting extraordinaire, Un conte de Noël, d’Arnaud Desplechin, a fait l’unanimité dans la presse française, de bon augure pour sa sortie le 21 mai. L’histoire d’une famille un peu compliquée, qui se retrouve pour les fêtes de Noël. La mère, Junon (Catherine Deneuve), annonce alors qu’elle est atteinte d’une leucémie et qu’elle a besoin d’un donneur compatible. Entre secrets dévoilés et patronymes codés, c’est un Desplechin au sommet de sa forme qui a monté les marches.
Entendu en conférence de presse :
Arnaud Desplechin : "L’essentiel de mon activité, c’est d’être un spectateur. Et si je vais au cinéma, c’est pour mieux vivre".
Catherine Deneuve : "On me dit sans cesse que je travaille avec des jeunes cinéastes, mais en fait, comme il y a beaucoup de cinéastes qui sont jeunes, et que moi je vieillis, c’est inévitable. Sauf si je refais un film avec Manoel de Oliveira" (qui fête ses 100 ans au festival de Cannes).

Le silence de Lorna, réalisé par les déjà doublement palmés Luc et Jean-Pierre Dardenne, a sans surprise impressionné la croisette. Lorna est une jeune immigrée d’un pays de l’Est, qui a contracté un mariage blanc avec Claudy (Jérémie Renier) pour pouvoir s’installer en Belgique. Quand elle rencontre un riche mafieux russe prêt à son tour à l’épouser, elle cherche à se débarrasser de son premier époux.
Pendant la conférence de presse, Jean-Pierre Dardenne a expliqué leur façon unique qu’on les deux frères de travailler ensemble: "Le casting on le fait tous les deux. Quand on est sur le plateau, avant de tourner avec la caméra, on travaille très longtemps avec les acteurs, jusqu’au moment où le plan est presque là. Ensuite on appelle le cameraman, l’ingénieur du son, éventuellement le décorateur. Un des frères va alors s’asseoir devant le moniteur, l’autre s’occupe du plateau, nous nous parlons devant le moniteur, mais il y a rarement quelqu’un autour de nous, parce que les gens n’ont pas à savoir ce que nous disons, et en fonction de ce qu’on a dit, celui qui s’occupe du plan va parler aux acteurs et au cameraman. Et on change."

C’est dur d’être aimé par des cons, de Daniel Leconte, présenté dans la catégorie Un certain regard, est un documentaire sur les caricatures de Mahomet. Le titre provocateur était celui de Charlie Hebdo, qui le mettait à sa une dans la bouche d’un Mahomet désespéré, lorsque le journal satirique avait publié les caricatures de Mahomet parues initialement au Danemark. Le documentaire suit Philippe Val et ses collègues dans leur procès qui les opposait à la Mosquée de Paris, et enregistre aussi les avis des badauds, des journalistes, des ecclésiastiques, et même de Nicolas Sarkozy. Dans la conférence de presse, Daniel Leconte est revenu sur la difficulté qu’il a eu à financer ce film."Le génie de ce procès est d’avoir permis la création d’un espace de liberté de parole, où on peut aborder ces sujets sans être taxé de raciste. Et on peut désormais le faire de façon apaisée et démocratique."

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