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Primaires : un proche d’Aubry réveille les angoisses au PS

Le député Claude Bartolone, proche de Martine Aubry, a déclenché vendredi une bronca au PS en envisageant la primaire comme un simple processus de “confirmation” du candidat socialiste pour 2012, au moment où le parti veut apparaître uni et convaincre que les jeux sont ouverts.

Dérapage ou aveu d’une stratégie déjà définie en amont ? M. Bartolone a confirmé qu’il y aurait une “entente” entre Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn pour la candidature à la présidentielle de 2012. Il a ajouté que la primaire prévue à l’automne 2011 servirait alors à “confirmer” le candidat retenu parmi ces deux personnalités, les plus à même dans les sondages de battre la droite. “Nous pourrions nous orienter vers une primaire de confirmation, où j’espère que des millions de Français viendront donner leur énergie à celui ou celle qui pourra permettre à la gauche de gagner”, a-t-il dit. Les réactions ne se sont pas fait attendre, en provenance des candidats déclarés ou potentiels aux primaires socialistes.
Ces propos sont “tout à fait inopportuns et déplacés”, a déclaré à l’AFP Guillaume Garot, porte-parole de l’ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal. Il a affirmé qu’après les déclarations de M. Bartolone, Mmes Royal et Aubry “s’étaient téléphoné”. “L’une et l’autre sont très étonnées de cette déclaration tout à fait inopportune”, a-t-il dit.

“Etonnante révélation”, ont déclaré des proches de l’ex-patron du PS François Hollande, candidat déclaré aux primaires socialistes. “Jusqu’ici, chacun avait compris que les primaires étaient une méthode ouverte de désignation d’un candidat ou d’une candidate”, ont écrit Stéphane Le Foll et Bruno Le Roux dans un communiqué commun. Manuel Valls, député de l’Essonne et lui aussi candidat aux primaires, a réclamé “une clarification” de la part de Mme Aubry sur le processus des primaires et leur calendrier.

“Primaires de confirmation ne doit pas rimer avec primaires de confiscation”, a-t-il prévenu dans un communiqué. “J’invite M. Bartolone à retirer ses propos cavaliers”, a de son côté réagi Safia Otokore, du bureau national du PS, appelant au “respect” des militants et du fonctionnement démocratique du parti. Interrogé par l’AFP, le porte-parole du PS Benoît Hamon a répondu que la consultation serait “une primaire de choix, pas juste pour le principe”, a-t-il dit. Dans l’entourage de Mme Aubry, on a relativisé les propos de M. Bartolone: “Rien n’est changé concernant la méthode, l’organisation et le calendrier des primaires, rien n’est remis en cause. Martine Aubry sera garante d’un vrai processus”.

Ce n’est pas la première fois que certains au PS doutent de la transparence des primaires, en raison d’un pacte conclu, il y a plusieurs mois entre Mme Aubry et DSK, selon lequel ils ne seront pas candidat l’un contre l’autre. Fin août, une phrase de la première secrétaire, relatée dans l’ouvrage “Petits meutres entre camarades”, affirmant qu’elle déciderait “avant janvier 2011” d’être ou non candidate, avait relancé les interrogations sur le calendrier: dépôt des candidatures en juin 2011, vote à l’automne.

Le principe d’une consultation ouverte à tous les sympathisants de gauche pour désigner le candidat à la présidentielle de 2012 a été inscrit dans le texte sur la rénovation adopté début juillet par la convention nationale (parlement) du PS. “Les primaires ne sont pas verrouillables et ne peuvent pas procéder d’une logique de contrôle de l’appareil, ce serait contraire à leur esprit”, a affirmé à l’AFP Arnaud Montebourg, père du texte sur la rénovation.

 

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