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Pris dans la tempête, Nicolas Sarkozy veut redresser le cap

L’heure de la riposte a sonné : de l’affaire des “rumeurs” à la reprise en main du dossier sécurité, Nicolas Sarkozy s’est efforcé ces derniers jours d’éteindre les multiples incendies qui menacent sa majorité et son image depuis la débâcle des régionales.

Deux longues semaines après la “claque” électorale des 14 et 21 mars, le mot d’ordre s’est imposé à l’Elysée comme une évidence et une urgence. Face au flot continu de critiques de son propre camp et sa dégringolade dans les sondages, il faut remettre le train présidentiel sur les rails.

Après sa “déclaration de politique générale” du 24 mars au sortir du Conseil des ministres, le chef de l’Etat est passé aux travaux pratiques. Sommé par les élus UMP de revenir aux “fondamentaux”, il a repris en main le dossier de la sécurité, “marqueur” politique de l’entreprise de conquête du pouvoir qui l’a conduit à l’Elysée.

Après avoir nommé deux proches, le général Jacques Mignaux et l’ex-chef du Raid, Christian Lambert, à la tête de la gendarmerie et au poste de préfet du département sensible de Seine-Saint-Denis, Nicolas Sarkozy a convoqué les patrons de la police et de la gendarmerie pour les mobiliser autour de cette “priorité” réaffirmée de son gouvernement. Autre geste à destination de la majorité, le président a fait mouvement sur le terrain miné des impôts. S’il a écarté toute remise en cause du bouclier fiscal, dont certains élus de droite exigent un allègement, son entourage a ouvert une porte jeudi, en évoquant un “prélèvement spécifique” sur les gros revenus pour financer les retraites.

Mais plus que ces dossiers, ce sont les “rumeurs” sur son couple et leur gestion hésitante qui ont occupé le chef de l’Etat. Au point d’empoisonner toute l’actualité politique de la semaine. C’était “Tartuffe à l’heure de Twitter”, a raillé vendredi l’International Herald Tribune.

Dans les couloirs de l’Assemblée, les députés se sont pressés pour confier, sous couvert de l’anonymat, leur “ras-le-bol” face à ce qu’ils ont vécu comme un “remake” de la période “people” qui a parasité l’image et l’action du chef de l’Etat pendant l’hiver 2008, de son divorce avec Cécilia à son remariage avec l’ex-top model Carla Bruni.
Alors que les rumeurs étaient retombées dans l’oubli, un conseiller de l’Elysée, Pierre Charon, leur a imprudemment redonné vie en les attribuant à “une sorte de complot” contre le président. Des proches de l’Elysée ont même accusé l’ex-Garde des Sceaux Rachida Dati d’être à leur origine…

L’affaire a fait les délices de la presse et l’essentiel des commentaires de la classe politique. Au grand dam des élus UMP, qui y ont vu un nouveau signe des errements de l’exécutif. “Le bateau prend l’eau et il n’y a plus de gouvernail”, a soupiré l’un d’eux.

Sur Europe 1, Carla Bruni-Sarkozy a tenté de revenir au calme en dénonçant une affaire “ridicule”, “insignifiante” et en démentant tout “complot”. Mais son intervention a laissé en suspens des questions de fond. Notamment sur une enquête diligentée par la police pour identifier l’origine des rumeurs. Mme Sarkozy a assuré qu’il n’y en avait pas eu, le patron du service qui l’a menée dit le contraire…

Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a assuré que l’intervention de l’épouse du président allait permettre de “tourner la page”. Au gouvernement comme à l’UMP, tout le monde veut y croire.

 

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