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Priscille Vincens, artiste-peintre en fauteuil roulant

Handicapée à la suite d’un accident, l’artiste Priscille Vincens a la beauté de ceux qui ont réussi à vaincre les obstacles. Une rétrospective présentant ses œuvres se tient en ce moment même à la Galerie Synchronicity Fine Arts de West Village, à New York.

La déchéance du corps est parfois synonyme de renaissance spirituelle. Amputée de sa jambe et de son bras droits à la suite d’une tragédie ferroviaire survenue il y a trois ans, Priscille Vincens a choisi d’élever le coup du sort au rang de métaphysique. Cette passionnée de peinture, licenciée par son employeur après son accident a troqué son ancienne vie de commerciale contre une nouvelle existence d’artiste, plus gratifiante sur le plan personnel. « Cet accident a été le déclencheur d’un nouveau départ placé sous le signe de l’art », exprime-t-elle. Son handicap n’est pas une marque de fabrique. Il s’est mué en une force qui insuffle un souffle créateur à ses toiles.

En 2008, Priscille Vincens obtient une subvention de la Banque Populaire. La somme allouée lui permet de se rendre à New York pour démarcher le milieu de l’art. Tenace, la jeune femme arpente quinze jours durant le macadam en fauteuil-roulant, à la recherche d’une galerie susceptible de bien vouloir accueillir ses peintures. Une centaine de requêtes plus tard, et presque autant de refus essuyés, elle obtient le feu vert de la galerie new-yorkaise Synchronicity Fine Arts qui héberge actuellement 25 de ses toiles.

Entre abstraction et figuration, les peintures de Priscille Vincens disent l’émotion à fleur de peau de cette miraculée de la vie. « Je ne cherche pas à figurer mais à faire sentir », explique la Parisienne pour qui l’entrave physique a ouvert de nouvelles portes. Celles de l’inconscient par exemple. « Je ne m’enferme plus dans le mental. Je libère mes chimères en toute liberté. Je voyage… », précise-t-elle. Inspirée par l’art-thérapie, Priscille Vincens semble croire en une forme de rédemption secrète par le geste créateur. Son œuvre enfante des personnages tout droit sortis de son imaginaire prolifique. Des figures parfois violentes qui rappellent les œuvres des expressionnistes allemands. « Il y a du Munch et du Kirchner dans ma peinture », explique-t-elle.

Parmi cette galerie de visages se dessinent celui de La Folie, de L’Indifférence, de L’Utopiste ou de L’Incompris. Les contours colorés de ceux que l’on refoule dans les marges. « J’aime représenter les laissés-pour-compte, explique-t-elle. Les gens qui sortent du cadre. Ils ont souvent compris l’essentiel de la vie », glisse l’artiste énigmatique. Focalisant son attention sur l’énergie des corps, Priscille Vincens parle aussi de son coup de cœur new-yorkais. « Je me sens en connexion avec cette ville. Ici, comme dans mes peintures, tout est en mouvement. De toute manière, la réalité n’est jamais figée », conclut l’artiste.

Infos pratiques :

Exposition : Paintings from France de Priscille Vincens. Du 1er décembre 2009 au 9 janvier 2010 à la Galerie Synchronicity Fine Arts.

Adresse : 106 West 13th Street, New York.

Site de l’artiste : http://www.priscille-vincens.fr

Site de la galerie : http://www.synchronicityspace.com/

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