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Pro Musicis, la musique en partage

le Lycée Français de New York accueillera mercredi  19 janvier les musiciens classiques soutenus par la fondation Pro Musicis. Un concert sera donné en l’honneur de Serge Bellanger, président de la Chambre de Commerce Franco-Américaine de New York, disparu il y a un an.  Entretien avec John Haag, président de la fondation.

Serge Bellanger était très attaché à Pro Musicis qu’il soutenait activement… A quand remonte son engagement pour la fondation ?

Il y a plus de dix ans, le consul général,  M. Duqué , alors très proche du fondateur  de Pro Musicis, le Père Eugène Merlet, décida de présenter la fondation à la communauté française de New York. Mr Bellanger fut invité à cette occasion. Deux semaines plus tard, nous  recevions par courriel un don de la banque dont M. Bellanger était alors le président. Il ajoutait qu’il voulait désormais nous soutenir. C’est ainsi qu’a commencé notre collaboration. En 2000,  la fondation lui a décerné un prix. A cette occasion, il a dit cette phrase que j’aime citer “Quand je vois de jeunes musiciens jouer sous le patronage de Pro Musicis, cela me rend fier. J’y vois le futur de la musique, je revois le petit garçon en France qui ressentait tant de joie et d’accomplissement en jouant de la musique”. Nous lui avons alors proposé de rejoindre le comité de direction cette même année. Malgré un emploi du temps très chargé, il arrivait toujours à être là. C’était un formidable soutien pour l’organisation. Il a inspiré le comité et donné beaucoup d’énergie à cette association, nous le regrettons beaucoup.

Quel sera le programme de cette soirée d’hommage mercredi 19 janvier prochain ?

Le Lycée Français de New York (LFNY) m’a proposé d’organiser ce concert en l’honneur de la mort de M. Bellanger, ce qui est apparu comme une évidence. Six artistes seront présents : Bao Jian et Hu Jianbing, qui joueront du guanzi et du sheng, des instruments chinois très anciens, Carmit Zori au violon, la soprano Lucy Shelton ou encore Tanya Gabrielan et Gilbert Kalish au piano. Le programme s’intitule: “De Beijing à Brahms”, et tente de montrer la profondeur de la musique à travers  le monde. Ce sera bien entendu ouvert au public.

Pro Musicis a été créée  dans le but de promouvoir les artistes classiques, mais aussi d’ apporter la musique partout où il y a solitude et souffrance : prisons, hôpitaux, centres d’accueil, autour de ce que vous appelez les “concerts de partage”. C’est toujours son objectif ?

C’est toujours définitivement notre but d’apporter la musique là où très souvent elle est complètement absente. Le New York Philarmonic, le Metropolitan Opera le font désormais régulièrement, mais aussi les lycées, les associations. Le pouvoir de la musique est étonnant, certains souvenirs refont surface, les personnes âgées chantent ou battent le rythme. En prison, c’est un sentiment de liberté retrouvé le temps d’un concert, une note d’espoir.
Pour chaque concert payant, suivent deux concerts de partage. Le père Eugène Merlet, fondateur de cette fondation aime répéter cette citation d’Alexandre Soljenitsyne : “La beauté sauvera le monde”. Lorsqu’il est arrivé en 1970 avec le projet de donner des concerts en prison, on s’est moqué de lui, cela n’avait jamais été fait auparavant.  Un concert eut lieu à l’époque dans une prison de Manhattan. Les journalistes du Village Voice ont écrit alors que c’était le plus bel événement musical de  la scène new-yorkaise cette semaine là.

Quels sont les engagements des musiciens auprès de la fondation ?

Notre engagement auprès d’eux, c’est de les présenter aussi régulièrement que possible lors de concerts dans des salles prestigieuses, et lors de concerts de partage. Nous tâchons aussi de les faire participer à des évènements spéciaux, des petits groupes de musiques de chambre, des festivals, dès que nous avons des opportunités d’organiser des rencontres.

Comment a évolué le statut des musiciens classiques depuis la création de Pro Musicis dans les années 1970 ?

Je pense que la situation pour les artistes est beaucoup plus difficile aujourd’hui.  Il y avait plus d’opportunités pour les musiciens classiques de jouer de la musique de chambre, de faire des récitals il y a quelque années. Le nombre de stations de radio dédiées à la musique classique a véritablement fondu, le nombre de revues aussi.  De très nombreuses organisations dédiées à la promotion de la musique classique ont tout simplement fait faillite. Même le Metropolitan Opera rencontre des difficultés pour trouver des soutiens financiers ; tout comme l’Orchestre Philarmonique qui a dû annuler à de nombreuses reprises ses tournées internationales. Je crois que la musique classique va prendre du temps à trouver sa voix dans ce nouvel environnement où les gens sont bombardés par des centaines de nouvelles façons d’écouter de la musique.

Quels sont les projets de la fondation ?

Nous souhaitons continuer à aider de notre mieux les musiciens.  Ce qui est merveilleux c’est que l’engagement des musiciens auprès de Pro Musicis, c’est souvent l’histoire d’une vie. Rien ne les retient car nous ne pouvons les payer, et pourtant le fidélité est très forte. Le Père Merlet souhaitait créer une famille d’artistes qui  s’entraident. C’est, je crois, ce qui se passe, et nous en sommes très heureux.

 

Infos pratiques :

Pour réserver des billets : Lycée Français de New York : http://www.lfny.org/

Site américain de la fondation Pro Muscis:  http://www.promusicis.org/promusicis/

Concert mercredi 19 janvier 2011 à 7:00 pm  au Lycée Français de New York

The Boston trio, artistes de Pro Musicis, en concert au Carnégie Hall le 26 janvier 2011 à 8:00pm

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