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Propos de Nicolas Sarkozy sur le Québec: lettre de protestation des indépendantistes

Les chefs indépendantistes québécois ont adressé une protestation officielle à Nicolas Sarkozy à la suite de propos qu’ils jugent “méprisants” du président français sur leur mouvement, une démarche inusitée jugée insultante par le Premier ministre canadien.

“Jamais un chef d’Etat étranger n’a autant manqué de respect aux plus de deux millions de Québécois qui se sont prononcés pour la souveraineté”, ont déploré Pauline Marois, chef du Parti québécois, et Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois, dans une lettre de quatre pages au président français. “Aucun (chef d’Etat) n’a utilisé envers le mouvement indépendantiste les épithètes pour tout dire méprisantes que vous employez”, ajoutent-ils dans ce texte rendu public jeudi.

Les deux leaders réagissaient à une déclaration de Nicolas Sarkozy accusant indirectement les indépendantistes de “sectarisme”, lors d’une cérémonie à l’Elysée lundi. Le premier ministre Canadien Stephen Harper s’est porté à la défense de Nicolas Sarkozy accusant Gilles Duceppe de l’avoir insulté. “Le chef du Bloc insulte le président de la France (…) et divise les Québécois à cause de son idéologie sectaire (…). Il oublie qu’une valeur québécoise fondamentale est le respect des opinions des autres”, a-t-il lancé à la chambre des Communes.

En remettant une décoration au Premier ministre – fédéraliste – québécois Jean Charest, Nicolas Sarkozy avait plaidé pour l’unité du Canada et dénoncé sans les désigner nommément ceux qui ne comprennent pas “le refus du sectarisme, le refus de la division, le refus de l’enfermement sur soi-même, le refus de définir son identité par opposition féroce à l’autre”. “M. Sarkozy a tenu des propos inacceptables (…) Nous avons décidé de le lui faire savoir par la voie diplomatique”, a déclaré M. Duceppe lors d’une conférence de presse conjointe avec Mme Marois.

Chef d’une formation cousine du Parti Québécois ayant pour objectif de défendre les intérêts du Québec au parlement fédéral d’Ottawa, Gilles Duceppe avait déjà réagi vivement mardi aux propos du président français estimant qu’ils témoignaient d’une “ignorance crasse” de la province francophone. “Ce qui fait mal dans ces propos c’est qu’ils sont contraires à la vérité”, a déclaré Mme Marois dont le parti a dirigé à plusieurs reprises le Québec et se trouve actuellement dans l’opposition. “Nous ne sommes pas sectaires (…) et nous ne détestons pas le Canada”, a-t-elle dit.

Les deux dirigeants font valoir que ce sont les politiques linguistiques mises en place par le Parti québécois lorsqu’il était au pouvoir “qui assurent au sein de la majorité québécoise l’intégration de vagues d’immigration successives, jouissant de politiques plus ouvertes et plus généreuses que celles de la plupart des pays occidentaux”.

Le Québec a connu deux référendums sur la question de son indépendance, en 1980 et 1995. La seconde fois, les Québécois n’avaient rejeté que de justesse l’option indépendantiste. Mais le soutien à l’indépendance a fléchi depuis. Selon un sondage fin janvier, 43% des Québécois sont actuellement favorables à l’indépendance de la province francophone et 57% contre.

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