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Quand la France suit l’Amérique

Le rapprochement de Nicolas Sarkozy à la politique étrangère de George W Bush fait grincer des dents en France. La première motion de censure du quinquennat a été déposée par l’opposition socialiste.

Les dernières positions de Nicolas Sarkozy en matière de politique étrangère ont rapproché Paris de Washington. L’une d’entre elles, l’envoi de 700 soldats français en Afghanistan, a provoqué l’ire de l’opposition qui a déposé, le 1er avril, la première motion de censure du quinquennat. Elle veut dénoncer l’alignement de la politique étrangère française sur celle des Etats-Unis et le refus de l’exécutif de soumettre cette orientation à un vote au Parlement. Le Président de la République avait annoncé l’envoi de renfort lors de sa visite en Angleterre le 26 mars sans consulter les députés.

Un autre signe tangible de l’inflexion atlantiste de la politique étrangère hexagonale est la volonté affichée lors du sommet de l’Otan à Bucarest en Roumanie, du 2 au 4 avril, de réintégrer la France dans la structure militaire intégrée de l’Otan dont elle est absente depuis 1966. La France décidera avant 2009, a déclaré son président. Aussi, M. Sarkozy a appuyé le projet des Etats-Unis d’installer en Pologne et en République tchèque des éléments de leur bouclier antimissile.

"Love me tender"

Il est loin le temps des tensions transatlantiques de l’ère Chirac. Le président américain en est même venu à comparer Sarkozy à Elvis Presley. Plaisantant avec les chefs d’Etats réunis à Bucarest, il a affirmé que lors de sa dernière visite aux Etats-Unis, le Président français avait été perçu comme « la dernière incarnation d’Elvis ».

En revanche, lors de cette rencontre internationale, la France et l’Allemagne se sont opposées ensemble au souhait de George Bush d’intégrer à l’alliance militaire l’Ukraine et la Géorgie. Pour les deux géants européens, ces pays ne sont pas des démocraties assez mûres. Surtout, ils ne voulaient pas heurter la Russie, hostile à l’intégration des anciens satellites communistes à l’alliance pro américaine.

Aucune chance

« L’obsession atlantiste » de Nicolas Sarkozy, selon la formule de l’opposition socialiste, s’exprime aussi dans le durcissement de ton ces derniers mois envers l’Iran. « L’Iran menace la sécurité de l’Europe », a déclaré le président, fin mars. La Russie et la Chine, grands partenaires commerciaux du pays perse, essaient de freiner les sanctions proclamées par l’ONU à cause de son programme nucléaire.

Reste que la motion de censure, qui sera examinée le 8 avril, n’a aucune chance d’ébranler le gouvernement qui détient la majorité absolue au parlement. Pour Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l’Assemblée, à l’initiative de la motion, il s’agit de relayer le vote des municipales face à un gouvernement qui refuse le débat.

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